‹ Œuvres spirituelles du P. JuddeChapitre 6 sur 140 · J PRÉFACE · texte numérisé non relu

J PRÉFACE

d'un grand maître , et d'un théologien profond On a su (Tailleurs qu'il avait de grandes obligations à l'auteur.

En 1776, le P. Querbeufpublia les sermons du P. Charles Frey de Neuville , célèbre prédicateur, de la Compagnie de Jésus. Le 8e et dernier volume contient une Retraite de neuf jours : parmi les méditations qui la composent, il en est plusieurs qui ont une grande ressemblance avec celles du P. Judde. L'abbé Lenoir- Duparc pense que le P. de Neuville avait dessein de donner au public une Retraite sous le nom du P. Judde , qui fût un peu différente des deux Retraites déjà imprimées , et qui ne fut point bornée au seul état religieux, comme la première , ni fixée à la semaine sainte , comme la seconde ; et que les éditeurs ayant trouvé , après sa mort, parmi ses papiers, cette Retraite écrite de sa main et composée pour neuf jours , au lieu de huit ou dix , avec deux méditations par jours , au lieu de trois , n'ont pas soupçonné qu'une très-grande partie de cette Retraite était du P. Judde. Peut-être pourraiton penser aussi que le P. de Neuville, quoique assez riche de son propre fonds , n'a pas fait difficulté de se servir des manuscrits d'un de ses confrères, dont il s'est approprié quelques

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pensées , auxquelles il donne pour l'ordinaire un tour nouveau , et qu'il revêt de l'éclat de son style , beaucoup plus orné que celui du P. Judde. Après avoir comparé ensemble Jes deux auteurs, nous serions plus portés à former cette conjecture , qu'à adopter celle de l'abbé Lenoir-Duparc. Il n'en est point ainsi d'une méditation sur V Intérieur de Jésus-Christ , insérée parmi les œuvres spirituelles du P. Berthier(i) : elle ne diffère en aucune manière de celle du P. Judde , et ce ne peut-être que par erreur qu'elle a été attribuée au P. Berthier. Vers le même temps parurent les Exhortations sur les principaux devoirs de Vétat religieux , par le P. Judde , de la compagnie de Jésus , 2 vol. in-\i , réimprimées en 1780. L'éditeur était le P. Chéron , théatin : il avait recueilli chez des personnes religieuses , plusieurs manuscrits du P. Judde , et il crut devoir les faire imprimer. Ces deux volumes furent bien reçus , malgré un grand nombre de défauts qui s'y trouvent.

Enfin, en 1781 et 1782 , l'abbé Lenoir- Dubarc publia la Collection complète des Œuvres spirituelles du P. Judde , 7 vol. in"

(0 Tora. 3 , pag. 90 et suivantes de l'édition de 1811.

XÎT PRÉFACE.

12 , réimprimées à Besancon en i8i5. Voici comment il rend compte lui-même de sontra vail : « On s'empressa de me donner des con- 5> seils pour faciliter le succès de l'ouvrage. >3 Des personnes religieuses, remplies de zèle » et de charité, me communiquèrent plusieurs >:> manuscrits (i) , ou en récrivirent quelques- » uns de ceux que j'avais (2). Une commu- » nauté, entre autres, encouragée par une di- 3) gne supérieure, voulut bien consacrer quel- >3 ques momens libres à copier une grande » partie de ces manuscrits (3). Un ecclésias- » tique , connu depuis long-temps par les ser- » vices qu'il rend à l'Eglise , par sa charité » pour les pauvres , par les bonnes œuvres » continuelles dont il se charge volontiers, s'est » livré à celle-ci d'une manière très-particu- » lière , qui marque son désintéressement (4) . 3) Plusieurs personnes distinguées dans l'Ex> glise, et dans l'Etat, des prélats savans et » vertueux, des prêtres, des religieux, des laïx> ques d'une piété éclairée , m'encouragèrent » et m'exhortèrent à continuer ce travail et à

(1) Les religieuses Aunonciade Célestes.

(2) Religieuses de Sainte-Aure.

(3) Les religieuses Filles-Dieu.

(4) M. l'abbé Simon de Doncourt , prêtre de la communauté di S*int-Sulpice.

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