‹ Œuvres spirituellesChapitre 41 sur 75 · DEUXIÈME AVIS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME AVIS

Le cœur doit plus agir que l'esprit dans Texercice de l'oraison.

Q.ue ceux qui s'appliquent à cet exercice tâchent d'éviter de trop donner à la spéculation de l'entendement, et qu'ils prennent soin de traiter cette affaire plutôt avec les affections et les sentiments de la volonté qu'avec les discours et les considérations de Tesprit. Ceux-là se trompent certainement de chemin, qui dans l'oraison, se mettent à méditer les divins mystères, comme

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s'ils les étudiaient pour les prêcher ; car cela sert plutôt à dissiper l'esprit qu'à le recueillir, et à nous porter hors de nous, qu'à nous renfermer au dedans de notre âme. Il arrive de là, qu'à la fin de l'oraison ils demeurent seuls et sans esprit de dévotion, aussi faciles et aussi prompts à toute sorte de légèreté qu'ils étaient auparavant; parce qu'en effet ils n'ont pas prié, ils ont parlé, ils ont étudié, ce qui est chose bien différente. Ceux qui se trouvent ainsi disposés devraient considérer que dans cet exercice nous nous approchons de Dieu beaucoup plus pour écouter que pour parler. Ainsi donc, s'ils veulent réussir dans cette affaire, qu'Us se présentent à l'oraison avec les dispositions intérieures d'une femme simple et droite, ignorante mais humble, et plutôt avec un coeur disposé et préparé à sentir et à aimer les choses de Dieu, qu'avec un esprit actif et avide de les approfondir ; car ceci est le propre de ceux qui étudient pour savoir, et non de ceux qui prient et qui pensent à Dieu, pour pleurer.

I 54 TRAITÉ DE l'oraison ET DE LA MEDITATION.

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