TROISIEME AVIS
Dans quelle mesure le cœur doit agir dans l'exercice de l'oraison.
L'avis précédent nous enseigne comment nous devons calmer l'entendement et remettre toute cette affaire entre les mains de la volonté. L'avis présent fixe à la volonté elle-même sa règle et sa mesure, afin qu'elle n'excède point, et ne soit pas trop véhémente dans son office. Pour cela, il faut savoir que la dévotion que nous prétendons acquérir n'est pas une chose qui se doive obtenir à force de bras, comme beaucoup de gens se le persuadent. Ils se figurent qu'avec des efforts excessifs, des tristesses forcées et comme artificielles, ils vont obtenir des larmes et des sentiments de compassion lorsqu'ils méditent la passion de Notre-Seigneur. Il n'en est pas ainsi : cela d'ordinaire ne fait que dessécher le cœur, et le rendre moins propre à recevoir la visite du Seigneur, comme Cassien l'enseigne. En outre, ces choses sont nuisibles à la santé corporelle,