CHAP. 1. — DU FRUIT DE L ORAISON. D
^c gresse dans le cœur, et marcher avec suavité a dans le chemin de la pénitence et du sacri- « tice, soyez homme d'oraison. Si vous voulez « chasser de votre âme les mouches impor- (' tunes des vaines pensées et des vains soucis, « soyez homme d'oraison; si vous voulez nourrir « votre âme de la sève de la dévotion, et Tavoir •< toujours remplie de saintes pensées et de bons « désirs, soyez homme d'oraison. Si vous voulez « corroborer et atfsrmir votre cœur dans la voie « de Dieu, soyez homme d'oraison. Enfin, si « vous voulez déraciner de votre âme tous les a vices et planter à leur place les vertus, soyez tt homme d'oraison, parce que c'est dans ce saint « exercice que l'on reçoit l'onction et la grâce «de r Esprit- Saint , laquelle enseigne toutes « choses. De plus, si vous voulez monter à la « cime de la contemplation et jouir des doux « embrassements de l'Epoux , exercez- vous à « l'oraison, car elle est le chemin par où l'âme a s'élève à la contemplation et au goût des choses (( célestes. Voyez-vous maintenant combien est « grande la vertu et la puissance de l'oraison? « En preuve de tout ce qui vient d'être dit, sans « parler du témoignage des divines Ecritures, il
« suffit pour le moment de citer ce que nous « avons vu et entendu, et ce que nous voyons « chaque jour : des personnes simples, en grand (( nombre, ont obtenu tous les biens que je viens « d'énumérer et d'autres encore plus relevés ; « par quel moyen? par l'oraison. » Tel est le langage de saint Bonaventure.
. Où trouver, je le demande, un plus grand trésor que l'oraison? où rencontrer une mine plus riche et plus féconde ? Écoutez encore ce que dit un autre docteur très-religieux et très-saint, en traitant le même sujet : ce Dans l'oraison, l'âme « se purifie du péché, la charité se nourrit, la « foi s'enracine, l'espérance se fortifie, l'esprit (! jubile, l'âme se fond de tendresse, le cœur s'é- « pure, la vérité se découvre, la tentation est « vaincue, la tristesse s'enfuit, les sens se re- « nouvellent, la tiédeur disparaît, la rouille des 0 vices est consumée ; de ce commerce naissent « aussi de vives étincelles, des désirs ardents du « ciel, et parmi ces étincelles brûle la flamme it du divin amour. »
Elles sont grandes, il faut en convenir, les excellences de l'oraison, ils sont admirables ses privilèges ! A elle les cieux s'ouvrent, à elle se
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révèlent les secrets, à sa voix l'oreille de Dieu est toujours attentive. Je n'en dis pas davantage. Ceci suffit pour que l'on ait une idée du fruit de ce saint exercice.