S. PIERRE D'ALCANTARA
DE l'ordre des mineurs DECHAUSSES DE SAINT FRANÇOIS
CLÉMENT, ÉVÊQUE, serviteur des serviteurs de Dieu : pour en perpétuer à jamais le souvenir :
Quand les pontifes romains, après s'être occupés de faire décerner à un saint les honneurs du culte public, ont été arrêtés par la mort, et n ont pu, en publiant les lettres apostoliques, conduire à terme une si belle entreprise, nous regardons comme un devoir sacré de la reprendre pour lui donner entière exécution, et pour la faire connaître de tous les fidèles. 11 y a déjà longtemps , notre prédécesseur le pape Clément IX, d'heureuse mémoire, avait recherché au flambeau de la foi quels étaient parmi les serviteurs de Dieu, jugés dignes par la sainteté de leur vie de recevoir les honneurs du culte public, ceux que l'Eglise aimait le mieux à voir briller parmi les héros couronnés dans la gloire; et ce pontife avait remarqué que le Siège apos-
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tolique avait coutume d'accorder de préfe'rence l'immortalité du saint nom à ceux dont l'honneur se trouve le plus étroitement uni à l'utilité des peuples. Ainsi, les serviteurs de Dieu qui se sont sanctifiés dans quelque institut particulier, les fondateurs des Ordres religieux surtout, qui ont uni à Téclat de la vertu celui des miracles, sont l'objet des préférences de l'Eglise, et sont volontiers placés par elle sur les autels. A ces fondateurs se joignent ceux qui ont appelé des Ordres religieux déjà florissants par la régularité, à une plus sévère discipline, et qui, par l'ascendant de leur sublime vertu, les ont portés à embrasser une manière de vivre encore plus sainte; les mérites de ces hommes de Dieu demandent qu'ils soient inscrits dans le catalogue des saints : car on ne peut douter qu'il n'en résulte, tant pour leur milice sacrée que pour TEglise catholique tout entière, les plus précieux avantages, et qu'ainsi ces vivantes copies du Christ, par la sublimité de leur exemple, n'excitent plus puissamment les âmes à la sainteté.
Or, de ce dernier nombre se trouve ce trèssaint homme, cet ami si cher à Dieu, Pierre d'Alcantara. il a admirablement mérité de la république chrétienne^ en ce qu'il a donné à cet ordre de saint François, toujours irréprochable par sa religion et par sa doctrine, une nouvelle famille qu'il a propagée en Espagne et jusque
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dans les royaumes des Indes, et à laquelle il a appris à marcher dans les voies de la plus étroite pauvreté. Il a en outre édifié tous les fidèles du Christ par l'exemple d'une incroyable pénitence qu'il a unie à une innocence accomplie. A tous ces titres, il est juste que l'immortalité du saint nom soit accordée à cet ami de Dieu; et, au peuple chrétien, l'insigne avantage qu'il retirera du culte du nouveau saint placé sur les autels. C'est pourquoi le même Clément, notre prédécesseur, rendait à Dieu les plus vives actions de grâces de ce qu'il lui avait inspiré la pensée de décerner les suprêmes honneurs à cet homme admirable qu'il honorait d'un culte particulier, et dont il implorait la salutaire assistance au milieu des grands dangers de ces malheureux temps et en particulier contre l'orgueil et l'insolence des Turcs. Ainsi, heureux de confirmer par l'autorité de son propre témoignage, tant de célèbres témoignages de la sainteté de Pierre d'Alcantara, et déterminé à proposer ses éminentes vertus à l'imitation de tous les fidèles, c'est dans les termes suivants qu'il avait résolu de dérouler à leurs yeux le tableau d'une si belle et si sainte vie.
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