DE SAINT PIERRE D ALC\NTARA
et jusque dans les Indes et le Japon, où beaucoup de ses membres obtinrent la couronne du martyre. Pierre seconda aussi puissamment sainte Térèse dans l'établissement de la réforme du Carmel, si bien qu'au témoignage de la sainte elle-même, il peut être regardé comme le principal promoteur de cette nouvelle famille. Et en effet, il entreprit pour cette grande œuvre de nombreux voyages, et endura beaucoup de fatigues; parfois même, étant éloigné de la sainte, il lui apparut miraculeusement pour l'aider de ses conseils.
LES MIRACLES Qu'iL FAIT MONTRENT COMBIEN IL EST CHER A DIEU.
Dieu montra par de grands prodiges combien il avait pour agréable cet amour d'une plus stricte observance, et quelle estime il voulait qu'on eût pour le zèle séraphique de cet homme. Plusieurs fois, Pierre traversa à pied sec les eaux rapides du Tage et d'un autre fleuve. Ce prodige eut même lieu à une seule invocation de son nom : un enfant, monté sur un âne, portait au saint et à ses frères une corbeille remplie de pains : se trouvant arrêté par un fleuve, il invoque le nom de Pierre d'Alcantara, et pousse sa monture dans les flots, qui, s'affermissant sous ses pas, lui offrent un passage sûr et commode.
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Jean de Neira, accompagnant Pierre dans un voyage, se mourait presque de faim et de soif; le saint se mit en prière, et sur-le-champ il jaillit en ce lieu une source, à côté de laquelle se trouvaient un pain et un poisson tout apprêté.
Un bâton sec qu'il avait planté dans la terre, se changea en un figuier touffu, dont les fruits rendent encore aujourd'hui la santé aux malades.
Ayant reçu un outrage sanglant de la part d'une femme impudente, non-seulement le saint l'endura avec beaucoup de patience, mais se mettant à genoux devant elle, il lui demanda humblement pardon d'une faute qu'il n'avait pas commise.
Un jour qu'il contemplait avec amour une croix dans le jardin de Pedroso,onlc vit s'élever de terre el demeurer suspendu dans les airs devant la croix : de ses yeux partaient des rayons de lumière, et un nuage éclatant environnait sa tête.
Un jeune homme lui ayant demandé sa bénédiction, comme il était sur le point de quitter la ville, le saint l'avertit du danger prochain où il était de tomber dans une hérésie.
Regardant un jour un autre étudiant, le saint connut par inspiration divine qu'il renoncerait bientôt au monde pour prendre le saint habit dans un ordre religieux.
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Dans une grande sécheresse, ii obtint de Dieu par ses prières une pluie abondante.
Le feu ayant pris à un monastère, le saint l'e'teignit tout aussitôt en traversant les flammes sans en recevoir aucun mal.
Un enfant s'étant noyé dans un puits, il l'en retira sain et sauf avec la corde dont il se ceignait les reins.
Il rendit subitement la vue à une femme aveugle, en lui touchant légèrement les yeux et en lui donnant sa bénédiction.
Une femme était depuis longtemps le jouet du démon ; le saint l'avertit du danger qu'elle avait couru, c-t l'en délivra.
Un jour qu'il revenait d'Avila au couvent d'Arenas, la neige tombait en si grande abondance, que le saint eût été enseveli sous son poids, si, à sa prière, les flocons n'étaient demeurés suspendus dans les airs et n'avaient formé au-dessus de sa tête comme une espèce de tente ou de voûte sous laquelle il fut parfaitement abrité.
Les pluies les plus abondantes n'osaient le mouiller : un jour qu'il offrait l'auguste sacrifice de la messe sous la pluie, ni lui ni les assistants ne reçurent une seule goutte d'eau.
Il apparut à des personnes qui étaient à une grande distance du lieu où il se trouvait. Éclairé
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d'une lumière prophétique, il prédit des choses très-éloignées quant aux lieux et au temps.
Enfin il était si chéri de Dieu, que tous ceux qui l'avaient pour intercesseur, obtenaient tout ce qu'ils demandaient : le saint l'avoua lui-même à sainte Térèse, qui assura que pour elle, elle l'avait constamment vérifié par sa propre expérience.
Dans ses prières, il était tellement embrasé du feu divin, que très-souvent, pendant qu'il faisait oraison, les bras étendus en croix, on le vit s'élever dans les airs : la même chose lui arriva plusieurs fois devant le peuple rendant la célébra tion des saints mystères. Telle était son assiduité à l'oraison, qu'il ne l'interrompait jamais, et semblait à ceux qui le voyaient, un homme d'un autre monde.