‹ Œuvres spirituellesChapitre 68 sur 75 · MORT ET FUNÉRAILL'-S DU SAINT · texte numérisé non relu

MORT ET FUNÉRAILL'-S DU SAINT

Il avait donc appris, tout en vivant sur la terre, à prendre son essor vers le ciel. Enfin, plein de mérites, à l'âge de soixante-trois ans, il fut saisi d'une fièvre qui lui causait de très-vives douleurs; mais la joie de Pierre semblait croître avec sa maladie, et il reprochait doucement à ses fils les larmes que leur arrachait la pensée de perdre un père si tendre et si bon.

Après avoir reçu les sacrements de l'Église, le

DE SAINT PIERRB d'aLCaNTARA 23 I

saint prédit l'heure de sa mort; puis, il se leva, et s'e'tant mis à genoux à terre sans appui, il tomba dans une extase profonde; quand il fut revenu à lui, il dit ces paroles : Lœtatiis siim in his quœ dicta siint mihi : In domiim Domini ibimus; « je me suis rejoui aux paroles qui m'ont été dites : Nous irons dans la maison du Seigneur. »

Puis, bénissant ses frères de la main, il leur dit : Ne voyez-vous pas, mes frères, la très-sainte Trinité , Notre-Dame la très-glorieuse Vierge Marie, et saint Jean l'Évangéliste? A ces mots, tandis que son corps était encore à genoux, son âme s'envola vers les cieux. Sainte Térèse , quoiqu'elle fût alors à une grande distance de la ville d'Arenas, où Pierre venait d'expirer, le vit monter tout droit au ciel, traçant un sillon lumineux. Souvent, dans la suite, il apparut à cette même sainte pendant son oraison, plein d'une immense gloire et entouré des rayons de la plus pure lumière.

Après la mort du Saint, son corps, éclatant de beauté, se colora d'une teinte céleste; ses yeux ouverts brillaient d'un merveilleux éclat; de tous ses membres s'exhalait une odeur des plus suaves, ce qui jetait les spectateurs dans l'admiration. Pour satisfaire la dévotion des fidèles qui accouraient de toutes parts, on exposa le corps sur un lieu élevé, hors de l'enceinte

du couvent. A sa vue, le peuple éclata en soupirs : on proclamait à haute voix que Pierre était un saint, on implorait son secours, on regardait comme un trésor la moindre parcelle de ses vêtements. Ensuiteon célébra ses funérailles; et une grande fouh accompagna les restes sacrés avec des torches et des flambeaux allumés. Entre autres miracles, il arriva qu'un vent furieux mêlé de pluie s^apaisa soudain en présence des précieuses reliques; et, tandis que tout était inondé aux environs par une pluie torrentielle, ceux qui accompagnaient le corps purent, sans être mouillés, aller en procession depuis l'infirmerie où le Saint avait rendu le dernier soupir, jusqu'au couvent, qui était à deux milles de là. De plus, après tout ce trajet, on remarqua que les flambeaux de cire qu'on avait allumés pour célébrer les obsèques n'avaient pas diminué.

Le corps fut déposé dans l'église des Frères Mineurs Déchaussés, où de nombreux pèlerins viennent de tous les pays pour le vénérer.

MIRACLES qu'il OPÈRE APRÈS SA MORT.

Plusieurs miracles le rendirent également illustre après sa mort. Alphonse Sanchez, ouvrier en bois, s'était rompu la cuisse; il n'avait plus de guérison à espérer de l'art des hommes, lors-

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