‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 120 sur 317 · SCÈNE III. — ROSINE, BARTHOLO · texte numérisé non relu

SCÈNE III. — ROSINE, BARTHOLO

BARTHÔLO, tenant de la lumière. — Ail! Rosine, puisque VOUS n'êtes

pas encore rentrée dans votre appartement...

rosine. — Je vais me retirer.

BARTHOLO. — Par le temps affreux qu'il fait, vous ne reposerez pas, et j'ai des choses très pressées à vous dire.

rosine. — Que me voulez-vous, monsieur? N'est-ce donc pas assez d'être tourmentée le jour?

bartholo. — Rosine, écoutez-moi.

rosine. — Demain, je vous entendrai.

bartholo. — Un moment, de grâce!

rosine, à part. — S'il allait venir!

bartholo lui montre sa lettre. — Connaissez-vous cette lettre?

rosine la reconnaît. — Ah! grands dieux!...

bartholo. — Mon intention, Rosine", n'est point de vous faire des reproches : à votre âge, on peut s'égarer; mais je suis votre ami : écoutez-moi.

rosine. — Je n'en puis plus.

bartholo. — Cette lettre que vous avez écrite au comte Aimaviva...

rosine étonnée. — Au comte Almaviva!...

bartholo. — Voyez quel homme affreux est ce comte : aussitôt qu'il l'a reçue, il en a fait trophée; je la tiens d'une femme à qui il l'a sacrifiée.

rosine. — Le comte Almaviva!...

bartholo. — Vous avez peine à vous persuader cette horreur. L'inexpérience, Rosine, rend votre sexe confiant et crédule; mais apprenez dans quel piège on vous attirait. Cette femme m'a fait donner avis de tout, apparemment pour écarter une rivale aussi dangereuse que vous. J'en frémis! le plus abominable complot, entre Almaviva, Figaro et cet Alonzo, cet élève supposé de Bazile qui porte un autre nom et n'est que le vil agent du comte, allait vous entraîner dans un abîme dont rien n'eût pu vous tirer.

rosine, accablée. — Quelle horreur!... quoi, Lindor?... quoi, ce jeune homme...

bartholo, à part. — Ah ! c'est Lindor.

rosine. — C'est pour le comte Almaviva... C'est pour un autre...

bartholo. — Voilà ce qu'on m'a dit en me remettant votre lettre.

rosine, outrée. — Ah! quelle indignité!... Il en sera puni. — Monsieur, vous avez désiré de m'épouser?

bartholo. — Tu connais la vivacité de mes sentiments. rosine. — S'il peut vous en rester encore, je suis à vous.

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