‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 123 sur 317 · SCÈNE VI. — LE COMTE, ROSINE, FIGARO · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — LE COMTE, ROSINE, FIGARO

(Figaro allume toutes les bougies qui sont sur la table.)

LE comte. — La voici! — Ma belle Rosine!...

rosine, d'un ton très composé. — Je commençais, monsieur, à craindre que vous ne vinssiez pas.

le comte. — Charmante inquiétude!... Mademoiselle, il ne me convient point d'abuser des circonstances pour vous proposer de partager le sort d'un infortuné ; mais quelque asile que vous choisissiez, je jure mon honneur...

rosine. — Monsieur, si le don de ma main n'avait pas dû suivre à l'instant celui de mon cœur, vous ne seriez pas ici. Que la nécessité justifie à vos yeux ce que cette entrevue a d'irrégulier!

le comte. — Vous, Rosine! la compagne d'un malheureux sans fortune, sans naissance!...

rosine. — La naissance, la fortune! Laissons là les jeux du :hasard, et si vous m'assurez que vos intentions sont pures...

le comte, à ses pieds. — Ah! Rosine, je vous adore !...

rosine, indignée. — Arrêtez, malheureux! vous osez profaner!... Tu m'adores!... Val tu n'es plus dangereux pour moi; j'attendais ce mot pour te détester. Mais avant de t'abandonner au remords qui t'attend (en pleurant), apprends que je t'aimais; apprends que je faisais mon bonheur de partager ton mauvais sort. Misérable Lindor! j'allais tout quitter pour te suivre; mais le lâche abus que tu as fait de mes bontés et l'indignité de cet affreux comte Almaviva, à qui tu me vendais, ont fait rentrer dans mes mains ce témoignage de ma faiblesse. Connais-tu cette lettre?

le comte, vivemeot. — Que votre tuteur vous a remise?

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