‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 137 sur 317 · SCÈNE V. — MARCELINE, BARTHOLO, SUZANNE · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — MARCELINE, BARTHOLO, SUZANNE

SUZANNE, an bonnet de femme avec un large ruban dans la main; une robe de

Bmme sur le bras. — L'épouser ! l'épouser! Qui donc? Mon Figaro?

Marceline, aigrement. — Pourquoi non? Vous l'épousez bien !

bartholo, riant. — Le bon argument de femme en colère! Nous >arlions, belle Suzon, du bonheur qu'il aura de vous posséder.

Marceline. — Sans compter monseigneur dont on ne parle pas.

Suzanne, une révérence. — Votre servante, madame; il y a toujours

lelque chose d'amer dans vos propos.

Marceline, une révérence. — Bien la vôtre, madame ; où donc est l'amertume? N'est-il pas juste qu'un libéral seigneur partage un peu la joie qu'il procure à ses gens?

Suzanne. — Qu'il procure?...

Marceline. — Oui, madame.

Suzanne. — Heureusement la jalousie de madame est aussi connue que ses droits sur Figaro sont légers.

Marceline. — On eût pu les rendre plus forts en les cimentant à la façon de madame.

Suzanne. — Oh! cette façon, madame, est Celle des dames savantes.

Marceline. — Et l'enfant ne l'est pas du tout! Innocente comme un vieux juge!

BARTIIOLO, attirant Marceline. — Adieu, jolie fiancée d<3 notre

Figaro.

Marceline, une référence. — L'accordée secrète de monseigneur.

Suzanne, une révérence. — Qui vous estime beaucoup, madame.

Marceline, une révérence. — Me fera-t-elle aussi l'honrieur de me chérir un peu madame?

Suzanne, une révérence- — A cet égard, madame n'a rien à désirer.

Marceline, une révérence. — C'est une si jolie personne que madame.

Suzanne, une révérence. — Eh! mais, assez pour désoler madame.

Marceline, une révérence. — Surtout bien respectable!

Suzanne, une révérence. — C'est aux duègnes à l'être.

Marceline, outrée. — Aux duègnes! aux duègnes!...

kartholo, l'arrêtant. — Marceline!...

Marceline. — Allons, docteur ; car je n'y tiendrais pas. Bonjour,

madame. (Une révérence.)

Page 1