ACTE I, SCÈNE V
f bartholo. — Le jour de son mariage?
Marceline. — On en rompt de plus avancés, et si je ne craignais 'éventer un petit secret des femmes...
bartholo. — En ont-elles pour le médecin du corps? Marceline. — Ah ! vous savez que je n'en ai pas pour vous! Mon sexe est ardent, mais timide : un certain charme a beau nous attirer vers le plaisir, la femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit : Sois belle si tu peux, sage si tu veux; mais sois considérée, il le faut. Or, puisqu'il faut être au moins considérée, que toute femme en sent l'importance, effrayons d'abord la Suzanne sur la divulgation des offres qu'on lui fait. bartholo. — Où cela mènera-t-il?
Marceline. -— Que la honte la prenant au collet, elle continuera de refuser le comte, lequel, pour se venger, appuiera l'opposition que j'ai faite à son mariage ; alors le mien devient certain.
bartholo. — Elle a raison. Parbleu! c'est un bon tour que de aire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fit enlever ma jeune maîtresse.
Marceline, vite. — Et qui croit ajouter à ses plaisirs en trompant mes espérances.
bartholo, vite. — Et qui m'a volé, dans le temps, cent écus que ai sur le cœur.
Marceline. —Ah! quelle volupté !...
bartholo. — De punir un scélérat..»
Marceline. — De l'épouser, docteur, de l'épouser!...