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ACTE III, SCENE XVIll

Figaro. — ... Nourrice?

bartholo. — Ta propre mère.

le comte. — Sa mèrel figaro. — Expliquez-vous?

MARCELINE, montrant Bartholo. — Voilà ton père.

Figaro, désolé. — Oh ! oh ! aïe de moi.

Marceline. — Est-ce que la nature ne te l'a pas dit mille fois?

figaro. — Jamais.

le comte, à part. — Sa mère !

Srid'oison. — C'est clair, i— il ne l'épousera pas *.

le comte. — Sot événement qui me dérange?

brid'oison, à Figaro. — Et la noblesse, et le château? vous impo* osez à la justice?

figaro. — Elle allait me faire faire une belle sottise, la justice! après que j'ai manqué, pour ces maudits cent écus, d'assommer vingt fois monsieur, qui se trouve aujourd'hui mon père! Mais, puisque le ciel a sauvé ma vertu de ces dangers, mon père, agréez mes excuses... Et vous, ma mère, embrassez-moi... le plus maternellement que VOUS pourrez. (Marceline lui saute au cou.)

SCÈNE XVII. — BARTHOLO, ELGARO, MARCELINE, BRID'OISON, SUZANNE, ANTONIO, LE COMTE.

SUZANNE, accourant, une bourse à la main. — Monseigneur, arrêtez;

qu'on ne le marie pas : je viens payer madame avec la dot que ma-maîtresse me donne.

le comte, a part. — Au diable la maîtresse ! Il semble que tout conspire... (il sort.) «

SCÈNE -XVIIL — BARTHOLO, ANTONIO, SUZANNE, FIGARO, MARCELINE, BRID'OISON.

ANTONIO, Voyant Figaro embrasser sa mère, dit à Suzanne. — Ah ! Oui,

payer!... Tiens, tiens.

\nne se retourne. — J'en vois assez : sortons mon oncle. figaro, l'arrêtant. — Non, s'il vous plaît. Que vois-tu donc? Suzanne. — Ma bêtise et ta lâcheté!...

figaro. — Pas plus l'une que l'autre

Suzanne, en colère. — Et que tu l'épouses à gré, puisque tu la -ses.

I. Ici venait le fragment de scène oupprimé à la représentation. Voir cette scen* dans la préface.

240 tE MARIAGE DE FIGARO

FIGARO, gaiement. — Je la caresse, mais je ne l'épouse pas. (Suzanne veut sortir, Figaro la retient.)

Suzanne lui donne un soufflet. — Vous êtes bien insolent d'oser me retenir!

FIGARO, à la compagnie. — G'est-il ça de l'amour? Avant de nous quitter, je t'en supplie, envisage bien cette chère femme-là.

Suzanne. — Je la regarde.

figaro. — Et tu la trouves?

Suzanne. — Affreuse.

Figaro. — Et vive la jalousie ! elle ne vous marchande pas.

Marceline, les bras ouverts. — Embrasse ta mère, ma jolie Suzannette. Le méchant qui te tourmente est mon fils!

SUZANNE court à elle. — VOUS, sa mère ! (Elles restent dans les bras l'une de l'autre.)

antonio. — C'est donc de tout à l'heure?

figaro. — ... Que je le sais.

Marceline, exaltée. — Non, mon cœur, entraîné vers lui, ne se trompait que de motif; c'était le sang qui me parlait.

figaro. — Et moi, le bon sens, ma mère, qui me servait d'instinct quand je vous refusais, car j'étais loin de vous haïr; témoin l'argent...

Marceline lui remet un papier. — Il est à toi : reprends ton billet, c'est ta dot.

Suzanne lui jette la bourse. — Prends encore celle-ci.

figaro. — Grand merci!

Marceline, exaltée. — Fille assez malheureuse, j'allais devenir la plus misérable des femmes, et je suis la plus fortunée des mères! Embrassez-moi, mes deux enfants; j'unis dans vous toutes mes tendresses. Heureuse autant que je puis l'être, ah! mes enfants, combien je vais vous aimer!

figaro, attendri, avec vivacité. — Arrête donc, chère mère ! arrête donc! Voudrais-tu voir se fondre en eau mes yeux noyés des premières larmes que je connaisse? elles sont de joie au moins. Mais quelle stupidité! j'ai manqué d'en être honteux : je les sentais couler entre mes doigts, regarde (il montre ses doigts écartés), et je les retenais bêtement! Va te promener, la honte! je veux rire et pleurer en même temps ; on ne sent pas deux fois ce que j'éprouve.

(Il embrasse sa mère d'un côté, Suzanne de l'autre).

Marceline *. Omon ami!

Suzanne. — Mon cher ami !

BRID'OISON, s'essuyant les yeux d'un mouchoir. — Eh bien 1 moi, je Suis

donc bé-ête aussi :

1. Bartholo, Antonio, Suzanne, Figaro, Marceline, Brid'oisoû.

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