‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 201 sur 317 · FANCHETTE, ANTONIO, LE COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE · texte numérisé non relu

FANCHETTE, ANTONIO, LE COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE

antonio. — Moi, je vous dis, monseigneur, qu'il y est; elles Font habillé chez ma fille; toutes ses hardes y sont encore, et voilà son chapeau d'ordonnance que j'ai retiré du paquet, "(n s'avance, et, regardant toutes les filles, il reconnaît Chérubin, lui enlève son bonnet de femme, ce qui fait retomber ses longs cheveux en cadenette. Il lui met sur la tête le chapeau d'ordonnance, et dit) : Eh! parguenne, v'ià notre officier!

LA COMTESSE recule. — Ah! ciel !

Suzanne. — Ce friponneau!

antonio. — Quand je disais là-haut que c'était lui!...

le comte, en colère. — Eh bien! madame?

la comtesse. — Eh bien ! monsieur, vous me voyez plus surprise que vous, et, pour le moins, aussi fâchée.

le comte. — Oui; mais tantôt ce matin?..,

la comtesse. — Je serais coupable, en effet, si je dissimulais encore. Il était descendu chez moi. Nous entamions le badinage que ces enfants viennent d'achever; vous nous avez surprises l'habillant; votre premier mouvement est si vif! il s'est sauvé, je me suis troublée, l'effroi général a fait le rsste.

LE COMTE, avec dépit à Chérubin. — Pourquoi n'êtes-VOUS pas parti? CHÉRUBIN, ôtant son chapeau brusquement. — Monseigneur...

le comte. — Je punirai ta désobéissance.

fanciiette, étourdiment. — Ah ! monseigneur, entendez-moi. Toutes les fois que vous venez m'embrasser, vous savez bi^n que vous dites toujours : Si tu veux rrCaimer, petite Fa?ichette,je te donnerai ce que tu voudras.

LE COMTE, rougissant. — Moi, j'ai dit Cela?

fanciiette. — Oui, monseigneur. Au lieu de punir Chérubin, donnez-le moi en mariage, et je vous aimerai à la folie.

le comte, à part. — Être ensorcelé par un page !

la comtesse. — Eh bien! monsieur, à votre tour; l'aveu de cette enfant, aussi naïf que le mien, atteste enfin deux vérités : que c'est toujours sans le vouloir si je vous cause des inquiétudes ; pendant que vous épuisez tout pour augmenter et justifier les miennes.

antonio. — Vous aussi, monseigneur! Dame! je vous la redresserai comme feu sa mère, qui est morte... Ce n'est pas pour la conséquence; mais c'est que madame sait bien que les petites filles, quand elles sont grandes...

le comte, déconcerté, à part, — Il y a un mauvais génie qui tourne tout ici contre moi.

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