‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 211 sur 317 · ACTE IV, SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XV

fanchette. — Je regardais si quelqu'un était là.

figaro. — Déjà dissimulée, friponne ! Vous savez bien qu'il n'y peut être.

fanchette. — Et qui donc?

figaro. — Chérubin.

fanchette. — Ce n'est pas lui que je cherche, car je sais fort bien où il est; c'est ma cousine Suzanne.

figaro. — Et que lui veut ma petite cousine?

fanchette. — A vous, petit cousin, je le dirai... — C'est... ce n'est qu'une épingle que je veux lui remettre.

figaro, vivement. — Une épingle! une épingle!... et de quelle part, coquine?... A votre âge, vous faites déjà un met... (n se reprend, et dit d'un ton doux.) Vous faites déjà très bien ce que vous entreprenez, Fanchette; et ma jolie cousine est si obligeante...

fanchette. — A qui donc en a-t-il de se fâcher? je m'en vais...

figaro, l'arrêtant. — Non, non, je badine; tiens, ta petite épingle est celle que monseigneur t'a dit de remettre à Suzanne, et qui servait à cacheter un petit papier qu'il tenait; tu vois que je suis au fait.

fanchette. — Pourquoi donc le demander, quand vous le savez si bien?

figaro, cherchant. — C'est qu'il est assez gai de savoir comment monseigneur s'y est pris pour t'en donner la commission.

fanchette, naïvement. — Pas autrement que vous le dites : « Tiens, petite Fanchette, rends cette épingle à ta belle cousine et dis-lui seulement que c'est le cachet des grands marronniers. »

figaro. — Des grands?...

fanchette. — « Marronniers. » Il est vrai qu'il a ajouté « Prends garde que personne ne te voie. »

figaro. — Il faut obéir, ma cousine : heureusement personne ne vous a vue. Faites donc joliment votre commission; et n'en dites pas plus* à Suzanne que monseigneur n'a ordonné.

fanchette. — Et pourquoi lui en dirais-je? Il me prend pour

Une enfant, mon COUSin. (Elle sort en sautant.)

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