‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 22 sur 317 · SCÈNE IV. — EUGÉNIE, LE COMTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — EUGÉNIE, LE COMTE

Eugénie avec joie. — Apprenez la plus agréable nouvelle. ,,

le comte. — Si elle intéresse mon Eugénie.

Eugénie. — Mon père est enchanté de vous. Ah! j'en étais bien sûre! Il faisait votre éloge à l'instant. Je me serais mise de bon cœur à ses pieds pour le remercier. Il me rendait fière de mon époux. Je me suis sentie prête à lui tout avouer.

le comte ému. — Vous me faites trembler ! exposer tout ce que j'aime au brusque effet de son ressentiment!

Eugénie vivement. — Je sais qu'il est violent; mais il est mon père. Il est juste, il est bon. Venez, milord, que notre profond respect le désarme. Entrons, ce moment sera le plus heureux...

le comte embarrassé. — Eugénie! quoi ! vous voulez?... quoi! sans nulle précaution?...

Eugénie avec beaucoup de feu. — Si jamais je te fus chère, c'est aujourd'hui qu'il faut me le prouver. Donne-moi cette marque de ton amour. Viens : depuis trop longtemps les soupçons odieux outragent ta femme ; les regards méchants la poursuivent. Fais cesser un si pénible état; déchire le voile qui l'expose à rougir. Tombons aux genoux de mon père. Viens, il ne nous résistera pas.

le comte à part. — Quel embarras ! (a Eugénie.) Souffrez au moins que je le revoie encore avant, pour affermir ses bonnes dispositions.

Eugénie lui prenant la main. — Non : elles peuvent changer. La première impression est pour toi. Non, je ne te quitterai plus.

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