SCÈNE II. — LE COMTE, DRINK
LE COMTE arrivant par le jardin avec précaution. — Est-ce toi, Drink?
drink. — Milord !
le comte. — Un mot, et je m'enfuis.
drink. — Je vous écoute.
le comte. — J'avais oublié... J'étais si troublé en sortant... Mon mariage, qui se fait demain, est dans la bouche de tout le monde : on ne parle d'autre chose... Il faut empêcher qu'aucune visite, aujourd'hui surtout, ne vienne ici souffler le vent de la discorde.
drink. — Elles ne connaissent personne à Londres.
le comte. — Je sais que le père est fort l'ami d'un certain capitaine Cowerly, qui ne manque jamais le lever de mon oncle : brave homme, mais dont le défaut est d'apprendre le soir à toute Ta ville les secrets qu'on lui a dits à l'oreille dans les maisons.
drink. — Quelle figure est-ce?
le comte. — Tu ne connais que lui. Du temps de la petite, il a soupe dix fois dans ce salon.
drink. — Quoi! ce bavard qui vous a brouillé depuis avec Laure, en lui reportant que lady Alton avait passé un jour entier ici?
le comte. — Où diable vas-tu chercher lady Alton?
drink. —Ah! vraiment non! c'est plus nouveau que cela. C'était donc une des deux Ofalsen? Ma foi, je confonds les époques, il en est tant venu!
le comte. — Eh! non. C'est celui qui a marié cette fille soi-disant d'honreur de la reine à ce benêt d'Harlington, quand je la quittai.
imiNK. — Ah! j'y suis, j'y suis.
le comte. — S'il se présentait...
mu\K. — Laissez-moi faire; il en sera de lui comme du facteur, i j'ai fort à propos barré le chemin.
le comte. — Je te l'avais recommandé.
i>,;i\k. — C'est ce que je disais. Mon maître n'oublie rien.
le comte. — Eh bien?
DRINK s'approchant d'un ai? de confidence. — J'ai détourné Une ftirieUSÔ
lettre de ce Williams pour la tante.
le comte lui coupant la parole. — Paix! C'est Eugénie.