ACTE V, SCÈNE X
Suzanne, riant. — Il pleut des soufflets, Figaro.
figarû lui baise les mains. — Ce sont des bijoux que les tiens. Mais celui du comte était de bonne guerre.
Suzanne. — Allons, superbe, humilie-toi!
figaro fait tout ce qu'il annonce. — Cela est juste : à genoux, bien courbé, prosterné, ventre à terre.
Suzanne, en riant. — Ah ! ce pauvre comte! quelle peine il s'est donnée...
figaro se relève sur ses genoux. — ... Pour la conquête de sa femme.
SCÈNE IX. LE COMTE entre par le fond du théâtre et va droit au pavillon
à sa droite. FIGARO, SUZANNE.
le comte, à lui-même. — Je la cherche en vain dans le bois, elle est peut être entrée ici.
SUZANNE, à Figaro, parlant bas. — C'est lui.
LE COMTE, ouvrant le pavillon. — Suzon es-tu là-dedans?
figaro, bas. — Il la cherche, et moi je croyais... Suzanne, bas. — Il ne l'a pas reconnue.
FIGARO. — Achevons-le, veux- tu ! (il lui baise la main.)
le comte se retourne. — Un homme aux pieds de la comtesse!... Ah! je suis sans armes, (u s'avance.)
FIGARO se relève tout à fait en déguisant sa voix. — Pardon, madame, SI
je n'ai pas réfléchi que ce rendez-vous ordinaire était destiné pour la noce.
le comte, a part. — C'est l'homme du cabinet de ce matin, (il se
frappe le font.)
figaro continue. — Mais il ne sera pas dit qu'un obstacle aussi sot aura retardé nos plaisirs.
le comte, à part. — Massacre, mort, enfer!
FIGARO, la conduisant au cabinet. — (Bas.) Il jure. (Haut.) PrCSSOnS-noUS
donc, madame, et réparons le tort qu'on nous a fait tantôt quand j'ai sauté par la fenêtre.
le comte, à part. — Ah! tout se découvre enfin.
Suzanne près du pavillon à sa gauche. — Avant d'entrer, voyez si personne n'a SUivi. (H la baise au front.)
LE COMTE s'écrie : — Vengeance ! (Suzanne s'enfuit dans le pavillon où sont entrés Fanchette, Marceline et Chérubin.)
SCÈNE X. — LE COMTE, FIGARO. (Le comte saisit le bras de Figaro.) FIGARO, jouant la frayeur excessive. — C'est mon maître 1
le comte le reconnaît. — Ah ! Ah ! scélérat, c'est toi ! Holà I quelqu'un! quelqu'un 1