SCÈNE XI. — PÉDRILLE, LE COMTE, FIGARO
PÉDRILLE, botté. — Monseigneur, je vous trouve enfin.
le comte — Bon, c'est Pédrille. Es-tu tout seul?
pédrille. — Arrivant de Séville à étripe-cheval.
LE comte. — Approche-toi de moi, et crie bien fort.
pédrille, criant à tue-tète. — Pas plus de page que sur ma main. Voilà le paquet.
le comte le repousse. — Eh ! l'animal !
pédrille. — Monseigneur me dit de crier.
le comte, tenant toujours Figaro. — Pour appeler, — Holà! quelqu'un; si l'on m'entend, accourez tous.
pédrille. — Figaro et moi, nous voilà deux; que peut-il donc vous arriver?
SCÈNE XII. — LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, BRID'OISON, BARTHOLO, BAZILE, ANTONIO, GRIPPE-SOLEIL. (Toute la noce
accourt avec des flambeaux.)
bartholo, à Figaro. — Tu vois qu'à ton premier signal...
I.E COMTE, montrant le pavillon à sa gauche. — Pédrille, empare-toi de Cette porte. (Pédrille y va.)
bazile, bas à Figaro. — Tu l'as surpris avec Suzanne?
LE COMTE, montrant Figaro. — Et VOUS, tOUS mes VaSSaUX, entOUrez-
moi, cet homme, et m'en répondez sur la vie. bazile. — Ah! Ah!
LE COMTE, furieux. — Taisez-VOUS donc ! (A Figaro, d'un ton glacé.) Mon
cavalier, répondez-vous à mes questions?
figaro, froidement. — Eh! qui pourrait m'en exempter, monseigneur? Vous commandez à tout ici, hors à vous-même.
LE COMTE, se contenant. — Hors à moi-même 1
antonio. — C'est ça parler.
le comte reprend sa colère. — Non, si quelque chose pouvait augmenter ma fureur, ce serait l'air calme qu'il affecte.
figaro. — Sommes-nous des soldats qui tuent et se font tuer pour des intérêts qu'ils ignorent? Je veux savoir, moi, pourquoi je me fâche.
le comte, hors de lui. — 0 rage 1 (se contenant.) Homme de bien qui feignez d'ignorer, nous ferez-vous au moins la faveur de nous dire quelle est la dame actuellement par vous amenée dans ce pavillon?
FIGARO, montrant l'autre avec malice. — Dans Celui-là?
le comte, vite. — Dans celui-ci.