‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 255 sur 317 · SCÈNE XVIII. — FIGARO, LÉON · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII. — FIGARO, LÉON

léon désolé. — Ah I dieux !

figaro. — De quoi s'agit-il donc, monsieur?

léon. — Hélas! je l'ignore moi-même. Jamais je n'avais vu Floresta de si belle humeur, et je savais qu'elle avait eu un entretien avec mon père. Je la laisse un instant avec M. Bégearss; je la trouve seule, en rentrant, les yeux remplis de larmes, et m'ordonnant de la fuir pour toujours. Que peut-il donc lui avoir dit?

figaro. — Si je ne craignais pas votre vivacité, je vous instruirais sur des points qu'il vous iniporte de savoir. Mais lorsque nous avons besoin d'une grande prudence, il ne faudrait qu'un mot de vous, trop vif, pour me faire perdre le fruit de dix années d'observation.

léon. — Ah! s'il ne faut qu'être prudent... Que crois-tu donc qu'il lui ait dit?

figaro. — Qu'elle doit accepter Honoré Bégearss pour époux; que c'est une affaire arrangée entre monsieur votre père et lui.

léon. — Entre mon père et lui! Le traître aura ma vie.

figaro. — Avec ces façons-là, monsieur, le traître n'aura pas votre vie ; mais il aura votre maîtresse, et votre fortune avec elle.

léon. — Eh bien, ami, pardon; apprends-moi ce que je dois faire.

figaro. — Deviner l'énigme du sphinx, ou bien en être dévoré. En d'autres termes, il faut vous modérer, le laisser dire, et dissimuler avec lui.

léon, avec fureur. — Me modérer!... Oui, je me modérerai. Mai« j'ai la rage dans le cœur! — M'enlever Florestine! Ah! le voici qui vient : je vais m'expliquer... froidement.

figaro. — Tout est perdu si vous vous échappez.

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