‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 267 sur 317 · SCÈNE VI. — LA COMTESSE, BÉGEARSS · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — LA COMTESSE, BÉGEARSS

bégearss. — Combien j'ai souhaité pour vous le moment auquel nous touchons!

la comtesse étouffée. — 0 mon ami! quel jour nous choisissons pour consommer ce sacrifice ! celui de la naissance de mon malheureux fils! A cette époque, tous les ans, leur consacrant cette journée, je demandais pardon au ciel, et je m'abreuvais de mes larmes en relisant ces tristes lettres. Je me rendais au moins le témoignage qu'il y eut entre nous plus d'erreur que de crime. Ah! faut-il donc brûler tout ce qui me reste de lui?

bégearss. — Quoi! madame, détruisez-vous ce fils qui vous le représente? ne lui devez-vous pas un sacrifice qui le préserve de mille affreux dangers? Vous vous le devez à vous-même! et la sécurité de votre vie entière est attachée peut-être à cet acte imposant! (il ouvre le secret de l'écrin et en tire les lettres.)

la comtesse surprise. — Monsieur Bégearss, vous l'ouvrez mieux que moi !... Que je les lise encore !

bégearss sévèrement. — Non, je ne le permettrai pas.

la comtesse. — Seulement la dernière, où, traçant ses tristes adieux, du sang qu'il répandit pour moi, il m'a donné la leçon du courage dont j'ai tant besoin aujourd'hui.

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