‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 277 sur 317 · SCÈNE V. — LÉON, BÉGEARSS · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — LÉON, BÉGEARSS

ïioN. — Monsieur Bégearss, je suis au désespoir!

bégearss, d'un ton protecteur. — Qu'est-il arrivé, jeune ami?

léon. — Mon père vient de me signifier, avec une dureté!... que j'eusse à faire, sous deux jours, tous les apprêts de mon départ pour Malte. Point d'autre train, dit-il, que Figaro qui m'accompagne, et un valet qui courra devant nous.

bégearss. — Cette conduite est en effet bizarre pour qui ne sait pas son secret; mais nous, qui l'avons pénétré, notre devoir est <le le plaindre. Ce voyage est le fruit d'une frayeur bien excusable : Malte et vos vœux ne sont que le prétexte ; un amour qu'il redoute est son véritable motif.

léon, avec douleur. — Mais, mon ami, puisque vous l'épousez?

bégearss, confidentiellement. — Si son frère le croit utile à suspendre un fâcheux départ!... Je ne verrais qu'un seul moyen...

léon. — 0 mon ami, dites-le-moi!

. bégearss. — Ce serait que madame votre mère vainquît cette timidité qui l'empêche, avec lui, d'avoir une opinion à elle; car

318 La mère coupable

sa douceur vous nuit bien plus que ne ferait un caractère trop ferme. — Supposons qu'on lui ait donné quelque prévention injuste : qui a le droit, comme une mère, de rappeler un père à l la raison? Engagez-la a le tenter... non pas aujourd'hui, mais... demain, et sans y mettre de faiblesse.

léon. — Mon ami, vous avez raison : cette crainte est son vrai

motif. Sans doute il n'y a que ma mère qui puisse le faire changer.

La voici qui vient avec celle... que je n'ose plus adorer. (Avec douleur.)

0 mon ami ! rendez-la bien heureuse.

bégearss caressant, — En lui parlant tous les jours de son frère.

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