‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 295 sur 317 · SCÈNE IV.— Les mêmes, FIGARO, M. FAL, un notaire · texte numérisé non relu

SCÈNE IV.— Les mêmes, FIGARO, M. FAL, un notaire

FIGARO accourant et jetant son manteau. — Malédiction ! il a le portefeuille. J'ai vu le traître l'emporter quand je suis entré chei monsieur.

le comte. — 0 monsieur Fal ! vous vous êtes pressé !

M. fal vivement. — Non, monsieur, au contraire. Il est resté plus d'une heure avec moi, m'a fait achever le contrat, y insérer la donation qu'il fait. Puis il m'a remis mon reçu, au bas duquel était le vôtre, en me disant que la somme est à lui, qu'elle est un fruit d'hérédité, qu'il vous l'a remise en confiance...

le comte. — 0 scélérat ! Il n'oublie rien 1

figaro. — Que. de trembler sur l'avenir I]

m. fal. — Avec ces éclaircissements, ai-je pu refuser le portefeuille qu'il exigeait? Ce sont trois millions au porteur. Si vous rompez le mariage, et qu'il veuille garder l'argent, c'est un mal presque sans remède.

le comte avec véhémence. — Que tout For du monde périsse, et que je sois débarrassé de lui !

FIGARO jetant son chapeau sur un fauteuil. — Dussé-je être pendu, il

n'en gardera pas une obole! (a Suzanne.) Veille au dehors, Suzanne.

(Elle sort.)

m. fal. — Avez-vous un moyen de lui faire avouer devant de bons témoins qu'il tient ce trésor de monsieur? Sans cela je défie qu'on puisse le lui arracher.

figaro. — S'il apprend par son Allemand ce qui se passe dans l'hôtel il n'y rentrera plus.

le comte vivement. — Tant mieux! c'est tout ce que je veux. Ah! qu'il garde le reste.

figaro vivement. — Lui laisser par dépit l'héritage de vos enfants? ce n'est pas vertu, c'est faiblesse.

léon fâché. — Figaro !

figaro plus fort. — Je ne m'en dédis point. (Au comte.) Qu'obtiendra donc de vous l'attachement, si vous payez ainsi la perfidie?

le comte se fâchant. — Mais l'entreprendre sans succès, c'est lui ménager un triomphe...

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