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ACTE V, SCÈNE VII 33 i

enfermée avec lui, pour brûler de certains papiers dont je connaissais l'importance, je vous ai fait venir subitement.

BÉGEARSS au comte. — VOUS Tai-je dit? (Le comte mord-son mouchoir, de fureur.)

SUZANNE, basa Figaro par derrière. — Achève, achève !

figaro. — Enfin, vous voyant tous d'accord, j'avoue que j'ai fait l'impossible pour provoquer entre madame et vous la vive explication... qui n'a pas eu la fin que j'espérais...

le comte à Figaro, avec colère. — Finissez-vous ce plaidoyer?

figaro bien humble. — Hélas ! je n'ai plus rien à dire, puisque c'est cette explication qui a fait chercher monsieur Fal, pour finir ici le contrat. L'heureuse étoile de monsieur a triomphé de tous mes. artifices... Mon maître! en faveur de trente ans...

LE COMTE avec humeur. — Ce n'est pas à moi de juger. (H marche vite.)!

figaro. — Monsieur Bégearssl

BÉGEARSS, qui a repris sa sécurité, dit ironiquement. — Qui ! moi? cher

ami, je ne comptais guère vous avoir tant d'obligations! (Élevant son. ion.) Voir mon bonheur accéléré par le coupable effort destiné à me le ravir! (ALéonetàFiorestine.) 0 jeunes gens! quelle leçon! Marchons avec candeur dans le sentier de la vertu. Voyez que tôt ou tard l'intrigue est la perte de son auteur.

FIGARO prosterné. — Ah! Oui !

bégearss au comte. — Monsieur, pour cette fois encore, et qu'il parte !

le comte à Bégearss durement. — C'est là votre arrêt?... J'y souscris.

figaro ardemment. — Monsieur Bégearss! je vous le dois. Mais je vois M. Fal pressé d'achever un contrat...

le comte brusquement. — Les articles m'en sont connus.

m. fal. — Hors celui-ci. Je vais vous lire la donation que monsieur fait... (Cherchant lendroit.) M., M., M., messire James-Honoré Bégearss... Ah! (il Ht.) « Et pour donner à la demoiselle future épouse une preuve non équivoque de son attachement pour elle, ledit seigneur futur époux lui fait donation entière de tous les grands biens qu'il possède; consistant aujourd'hui (il appuie en lisant) (ainsi qu'il le déclare et les a exhibés à nous notaires soussignés) en trois millions d'or ici joints, en très bons effets au porteur. >>

(Il tend la main en lisant.)

BÉGEARSS. — Les voilà dans Ce portefeuille, (il donne le portefeuille

à Fal.) Il manque deux milliers de louis, que je viens d'en ôter pour fournir aux apprêts des noces.

i •'igaro montrant le comte, et vivement. — Monsieur a décidé qu'il paierait tout; j'ai l'ordre.

BÉGEARSS tirant les effets de sa poche, et les remettant au notaire. — En CQ

cas, enregistrez-les; que la donation soit entière 1 (Figaro retourné, »« Ijçnt la bouche pour ne pa» rira. M. Fal ouvre le portefeuille et y remet le* effets.)

m. v\l montrant Figaro. — Monsieur va tout additionner, pendant que nous achèverons, (il donne le portefeuille ouvert à Figaro, qui, voyant les •fTets, dit :)

figaro l'air exalté. — Et moi j'éprouve qu'un bon repentir est comme toute bonne action : qu'il porte aussi sa récompense.

bégearss. — En quoi?

figaro. — J'ai le bonheur de m'assurer qu'il est ici plus d'un généreux homme. Oh! que le ciel comble les vœux de deux amis aussi parfaits! Nous n'avons nul besoin d'écrire, (au comte.) Ce sont vos effets au porteur : oui, monsieur, je les reconnais. Entre monsieur Bégearss et vous, c'est un combat de générosité : l'un donne ses biens à l'époux, l'autre les rend à sa future! (Aux jeunes gens.) Monsieur, mademoiselle! ah! quel bienfaisant protecteur, et que vous allez le chérir!... Mais que dis-je? l'enthousiasme m'aurait-il fait commettre une indiscrétion offensante? (Tout le monde garde le

silence.)

BÉGEARSS, un peu surpris, se remet, prend son parti, et dit : — Elle ne peut

l'être pour personne, si mon ami ne la désavoue pas, s'il met mon âme à l'aise, en me permettant d'avouer que je tiens de lui ces effets. Celui-là n'a pas un bon cœur, que la gratitude fatigue ; et cet aveu manquait à ma satisfaction. (Montrant le comte.) Je lui dois bonheur et fortune; et quand je les partage avec sa digne fille, je ne fais que lui rendre ce qui lui appartient de droit. Remettezmoi le portefeuille; je ne veux avoir que l'honneur de le mettre à ses pieds moi-même, en signant notre heureux contrat, (iiveutie

reprendre.)

figaro sautant de joie. — Messieurs, vous l'avez entendu? Vous témoignerez, s'il le faut. Mon maître, voilà vos effets; donnez-les à leur détenteur, si votre cœur l'en juge digne, (h lui remet le portefeuille.)

le comte se levant, à Bégearss. — Grand Dieu ! les lui donner ! Homme cruel, sortez de ma maison ; l'enfer n'est pas aussi profond que vous! Grâce à ce bon vieux serviteur, mon imprudence est réparée : sortez à l'instant de chez moi !

bégearss. — 0 mon ami, vous êtes encore trompé !

LE COMTE hors de lui, le bride de sa lettre ouverte. — Et Cette lettre,

monstre! m'abuse-t-elle aussi?

BÉGEARSS la voit; furieux, il arrache au comte la lettre, et se montre tel qu'il est.

— Ah!... Je suis joué! mais j'en aurai raison.

léon. — Laissez en paix une famille que vous avez remplie d'horreur.

bégearss furieux. — Jeune insensé I c'est toi qui vas payer pour tous; je t'appelle au combat.

LÉON vite. — J'y cours.

le comte vile. — Léon.

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