ACTE V, SCÈNE VIII
LA COMTESSE vite. — Mon fils 1
florestine vite. — Mon frère I
le comte. — Léon! je vous défends... (a Bégearss.) Vous vous ^tes rendu indigne de l'honneur que vous demandez : ce n'est point par cette voie-là qu'un homme comme vous doit terminer sa
vie. (Bégearss fait un geste affreux, sans parler.)
figaro arrêtant Léon, vivement. — Non, jeune homme, vous n'irez point; monsieur votre père a raison, et l'opinion est réformée sur cette horrible frénésie : on ne combattra plus ici que les ennemis de l'État. Laissez-le en proie à sa fureur ; et, s'il ose vous attaquer, défendez-vous comme d'un assassin. Personne ne trouve mauvais qu'on tue une bête enragée ! Mais il se gardera de l'oser : l'homme capable de tant d'horreurs doit être aussi lâche que vil!
bégearss hors de lui. — Malheureux !
le comte frappant du pied. — Nous laissez-vous enfin? c'est un
Supplice de VOUS voir. (La comtesse est effrayée sur son siège; Florestine et Suzanne la soutiennent; Léon se réunit à elles.)
bégearss les dents serrées. — Oui, morbleu ! je vous laisse; mais j'ai la preuve en main de votre infâme trahison! Vous n'avez demandé l'agrément de Sa Majesté, pour échanger vos biens d'Espagne, que pour être à portée de troubler sans péril l'autre côté des Pyrénées.
le comte. — 0 monstre! que dit-il? ;
bégearss. — Ce que je vais dénoncer à Madrid. N'y eût-il que le buste en grand d'un Washington dans votre cabinet, }'y fais confisquer tous vos biens.
figaro eriant : — Certainement, le tiers au dénonciateur!
bégearss. — Mais, pour que vous n'échangiez rien, je cours chez notre ambassadeur arrêter dans ses mains l'agrément de Sa Majesté, que l'on attend par ce courrier.
FIGARO tirant un paquet de sa poche, s'écrie vivement : — L'agrément du
roi? le voici. J'avais prévu le coup : je viens, de votre part, d'enlever le paquet au secrétariat d'ambassade. Le courrier d'Espagne,
arrivait! (Le comte, avec vivacité, prend le paquet.)
BÉGEARSS furieux, frappe sur son front, fait deux pas pour sortir, et se retourne.
— Adieu, famille abandonnée, maison sans mœurs et sans honneur! Vous aurez l'impudeur de conclure un mariage abominable, en unissant le frère et la sœur : mais l'univers saura votre infamie!
(Il sort.)