‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 302 sur 317 · FAITS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

FAITS PRÉLIMINAIRES

Le 1er avril 1770, j'ai réglé définitivement avec M. Paris Duverney un compte appuyé sur des titres et sur une liaison de douze ans d'intérêts, de confiance et d'amitié.

Par le résultat de compte, fait double entre nous, M. Duverney resta mon débiteur, et mourut quatre mois après, sans s'être acquitté envers moi.

Son légataire universel prit des lettres de rescision contre l'acte du 1er avril, en poursuivit l'entérinement aux requêtes de l'hôtel, et fut débouté de sa demande par deux sentences consécutives.

Il en appela au Parlement, et, profitant du moment qu'une lettre de cachet me tenait sous la clef à réfléchir sur le danger des liaisons disproportionnées, il poursuivit sans relâche le jugement de son appel. Il faisait plaider, il sollicitait, il gagnait les esprits; et moi, j'étais en prison.

Enfin, le lar avril 1773, sur les conclusions de M. l'avocat généra

de Vaiicressoii, la cour mit l'affaire en délibéré au rapport de M. Goôzman.

0 M. Duverney! lorsque vous signâtes cet arrêté de compte par lequel vous vous reconnaissiez mon débiteur, le 1er avril 1770, vous étiez bien loin de prévoir que trois ans après, à pareil jour, sur le refus d'acquitter votre engagement par un légataire à qui vous laissiez plus d'un million, M. Goëzman de Colmar serait nommé rapporteur; que je perdrais en quatre jours mon procès et cinquante mille écus; et que ce magistrat me dénoncerait ensuite au Piirlement comme ayant calomnié sa personne après avoir tenté de corrompre la justice.

Page 1