Vous! mon frère! je la tuerais plutôt
et depuis ma réconciliation avec vos dames je n'ai point changé *, et je défie qui que ce soit au monde de me prouver que, depuis cette époque, j'ai rien dit ni écrit de contraire à l'intention où j'étais et où je suis encore, malgré tout ce qui m'est arrivé, de terminer mon mariage avec mademoiselle votre sœur 2.
« La privation de mon emploi n'y fait rien. Le roi et le ministre, mieux informés, me rendront la justice qui m'est due 3. Personne au monde n'a rien à me reprocher. Si j'ai eu des torts vis-à-vis de mademoiselle Garon, je les ai réparés par mon retour4; hors de là je n'ai à rougir d'aucune action de ma vie. Or j'espère de la clémence de mon souverain qu'il daignera me faire rendre mon emploi quand il saura mon innocence 5. Puis-je espérer de vous, monsieur, à qui elle constera parfaitement quand vous le voudrez, que vous ne vous opposerez point à ma justification? Elle doit vous intéresser autant que moi-même 6.
« Je vous remets ci-joint copie des deux lettres que je vous écrivis à Aranjuez. Je commence même à douter que vous les ayez reçues 7. Oui, je crois connaître votre cœur; il ne m'aurait pas sacrifié si cruellement s'il avait pu seulement se douter de mon innocence. Je sens encore de la satisfaction à vous justifier dans mon cœur 8. Et dans la fatalité de mon sort je ne murmure point contre la main qui la conduit. Non, je ne renoncerai jamais au bonheur d'appartenir à votre chère famille 9. Hélas! depuis la dernière promesse mutuelle entre mademoiselle Garon et moi, j'ai bien souffert! Je compte assez sur la générosité de vos âmes pour croire que vous voudrez bien m'aider à me relever I0. Mes supérieurs et mes protecteurs, instruits de mon innocence, me tendront aussi une main secourable; je l'espère avec d'autant plus d'empressement que je n'ai point mérité leur colère **.
J'ai l'honneur d'être aussi véritablement que jamais, - Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Signé, Glavijo.
Madrid, 17 juin 1764.
^P.-S. — On vient de me dire que mademoiselle Garon doit se marier ls :
1. Peut-on pousser la fourberie plus loin ! Et mes violences! et ce pistolet que je tous ai présenté ! et cette plainte que vous oubliez!