‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 79 sur 317 · SCÈNE IV. — BARTHOLO, ROSINE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — BARTHOLO, ROSINE

bartholo, en colère. — Ah! malédiction! l'enragé, le scélérat corsaire de Figaro. Là, peut-on sortir un moment de chez soi, sans être sûr en rentrant...

rosine. — Qui vous met donc si fort en colère, monsieur?

bartholo. — Ce damné barbier qui vient d'écloper toute ma maison en un tour de main : il donne un narcotique à l'Éveillé, un sternutatoire à La Jeunesse ; il saigne au pied Marceline : il n'y a pas jusqu'à ma mule... sur les yeux d'une pauvre bête aveugle, un cataplasme ! Parce qu'il me doit cent écus, il se presse de faire des mémoires. Ah! qu'il les apporte! Et personne à l'antichambre; on arrive à cet appartement comme à la place d'armes.

rosine. — Et qui peut y pénétrer que vous, monsieur?

bartholo. — J'aime mieux craindre sans sujet que de m'exposer sans précaution; tout est plein de gens entreprenants, d'audacieux... N'a-t-on pas, ce matin encore, ramassé lestement votre chanson pendant que j'allais la chercher? Oh! je...

rosine. — C'est bien mettre à plaisir de l'importance à tout. Le vent peut bien avoir éloigné ce papier, le premier venu, que sais-je?

bartholo. — Le vent, le premier venu!... Il n'y a point de vent, madame, point de premier venu dans le monde; et c'est toujours quelqu'un posté là exprès, qui ramasse les papiers qu'une femme a l'air de laisser tomber par mégarde.

rosine. — A l'air!... monsieur?

bartholo. — Oui, madame, a l'air.

rosine, à part. — Oh! le méchant vieillard!

bartholo. — Mais tout cela n'arrivera plus, car je vais faire sceller cette grille.

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