‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 80 sur 317 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Rosine. — Faites mieux : murez les fenêtres tout d'un coup; d'une prison à un cachot, la différence est si peu de chose!

bartholo. — Pour celles qui donnent sur la rue, ce ne serait peut-être pas si mal... Ce barbier n'est pas entré chez vous, au moins?

rosine. — Vous donne-t-il aussi de l'inquiétude?

bartholo. — Tout comme un autre.

rosine. — Que vos répliques sont honnêtes!

bartholo. — Ah! fiez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler, et de bons valets pour les y aider.

rosine. — Quoi! vous n'accordez pas même qu'on ait des principes contre la séduction de M. Figaro?

bartholo. — Qui diable entend quelque chose à la bizarrerie des femmes, et combien j'en ai vu de ces vertus à principes...

rosine, en colère. — Mais, monsieur, s'il suffît d'être homme pour nous plaire, pourquoi donc me déplaisez-vous si fort?

bartholo, stupéfait. — Pourquoi?... Pourquoi?... Vous ne répondez pas à ma question sur ce barbier?

rosine, outrée. — Ah bien ! oui, cet homme est entré chez moi, je l'ai vu, je lui ai parlé. Je ne vous cache pas même que je l'ai trouvé fort aimable : et puissiez-vous en mourir de dépit.

(Elle sort.)

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