ACTE 1 , PARTIE
DON A LUCREZIÀ.
Est-ce que tu ne le trouves pas bien beau ?
GUBETTA
Il serait plus beau, s'il n'avait pas les yeux fermés. Un visage sans yeux , c'est un palais sans fenêtres.
DONA LUCREZIA
Si tu savais comme je l'aime !
GUBETTA
C'est l'affaire de don Alphonse , votre royal mari. Je dois cependant avertir votre altesse qu'elle perd ses peines. Ce jeune homme, à ce qu'on m'a dit, aime d'amour une belle jeune fille nommée Fiametla.
DONA LUCREZIA
Et la jeime fille , Taime-t-elle ?
GUBETTA
On dit que oui.
DONA LUCREZIA
Tant mieux ! je voudrais tant le savoir heureux !
GUBETTA
Voilà qui est singulier et n'est guère dans vos façons. Je vous croyais plus jalouse.
DONA LVCRT.ZIIL , contemplant Gennaiv.
Quelle noble figure !
GUBETTA
Je trouve qu'il ressemble à quelqu'un...
DON A LUCREZIA
Ne me dis pas à qui tu trouves qu'il ressemble ! — Laisse-moi.
( Gubetta sort. Dona Lucrezia reste quelques instans comme en extase devant Gennaro; elle ne voit pas deux hommes masqués qui viennent d'entrer au fond du théâtre et qui l'observent. )
DONA LUCREZIA , se crofant seule.
C'est donc lui ! il m'est doue enfin donné de le voir un instant sans périls! Non, je ne l'avais pas rêvé plus beau. 0 Dieu! épargnez-moi Tangoisse d'être jamais haïe et méprisée de lui j vous savez qu'il est tout ce que j'aime sous le ciel ! — Je n'ose ôter mon masque ; il faut pourtant que j'essuie mes larmes.
( Elle ôte son masque pour s'essuyer les yeux. Les deux hommes masqués causent à voix basse pendant qu'elle baise la main de Gennaro endormi .)