ACTE m , SCtltB HT. I3l
Pour un nom , pour un titre , ou toute autre chimère ,
{JM. de Brion.)
Toi , ta femme , Brion !
(J.M.deGordes.)
Toi , ta sœur !
( Au jeune page Pardaillan.)
Toi , ta mère !
( Un page se verse un verre de vin au buffet j et se met à boire en fredonnant : )
Quand Bourbon vit Marseille ,
11 a dit à ses gens :
Vrai dieu! quel capitaine....
TRI BOULET , se rctoumant.
Je ne sais à quoi tient , vicomte d'Aubusson , Que je te brise aux dents ton verre et ta chanson !
{A tous.)
Qui le croirait ? des ducs et pairs, des grands d'Espagne,
0 honte ! un Vermandois qui vient de Charlemagne,
Un Brion . dont Taieul était duc de Milan ,
Un Gordes-Simiane, un Pienne, un Pardaillan ,
Vous, un Montmorency! — les plus grands noms qu'on nomme,
oir été voler sa fille à ce pauvre homme! ^ — Non, il n appartient point à ces grandes maisons i * D'avoir des cœurs si bas sous d'aussi fiers blasons ! /' •
n , vous n'en ^les pas! — Au milieu des huées
s mères aux laquais se sont prostituées ! ' oiis êtes tous bâtards !
132 LE ROT s'aMTJSE.
M. DE GORDES
Ah çà , drôle !
TRIBOULET
Combien Le Roi vous donne-t-il pour lui vendre mon bien ? Il a payé le coup , dites ?
{S'arrachant les cheveux. )
Moi qui n'ai qu elle !
— Si je voulais. — Sans doute. — EUeestjeune, elle est belK Certe , il me la paîrait î
( Les regardant tous.)
Est-ce que votre roi S'imagine qu'il peut quelque chose pour moi ? Peut-il couvrir mon nom d'un nom comme les vôtres? Peut-il me faire beau , bien fait , pareil aux autres ?
— Enfer ! il m'a tout pris ! — Oh! que ce tour charmant Est vil , atroce , horrible , et s'est fait lâchement ! Scélérats ! assassins ! vous êtes des infâmes ,
Des voleurs , des bandits, des tourmenteurs de femm<-^
Messeigneurs , il me faut ma fille ! il me la faut
A la fin! allez-vous me la rendre bientôt?
— Oh! voyez! —Cette main, — main qui n'a rien d'illustrr
Main d'un homme du peuple, et d'un serf, et d'un nist»
Cette main qui paraît désarmée aux rieurs ,
Et qui n'a pas d'épée , a des ongles , messieurs !
— Voici long-temps déjà que j'attends , il me serabir Rendez-la moi ! — La porte ! ouvrez-la !
( // se jette de nouveau enfutieux sur la porte , que