ACTE III, SCÈ?IE III
A Blanche. )
— Ne crains plus rien. — C'était une plaisanterie , C'était pour rire. — Ils tont fait bien peur, je parie. Mais ils sont bons. — Us ont vu comme je t'aimais. Blanche , ils nous laisseront tranquilles désormais.
( Aux seigneurs. )
— N'est-ce pas ?
{A Blanche , en la serrant dans ses bras. )
— Quel bonheur de te revoir encore !
J'ai tant de joie au cœur que maintenant j'ignore Si ce n'est pas heureux — je ris , moi qui pleurais ! — De te perdre un moment pour te ravoir après !
( La regardant avec inquiétude. )
— Mais pourquoi pleurer , toi ?
BLANCHE , voilant dans ses mains son visage couvert de larmes et de rougeur.
Malheureux que nous sommes !
La honte...
TRiBOULET, tressaillant.
Que dis-tu ?
BLANCHE , cachant sa tête dans la poitrine de son père.
Pas devant tous ces hommes!
Rougir devant vous seul !
TRIBOULET , se toumant avec un tremblement de rage vers la porte du Roi.
Oh ! l'infâme ! — Elle aussi !
lob LE ROI 8 AMUSE.
BLANCHE , sanglotant et tombant à ses pieds.
Rester seule avec vous !
iMBOULET ^Jaisant trois pas f et balayant du geste tous les seigneurs interdits.
Allez-vous en d'ici !
Et 81 le roi François par malheur se hasarde A passer près d'ici ,
( A M. de f^ermandois . )
vous êtes de sa garde , Dites-lui de ne pas entrer , — que je suis-là !
M. DE PIENNE
On n'a jamais rien vu de fou comme cela.
M. DE CORDES , lul faisant signe de se retirer.
Aux fous comme aux enfans on cède quelque chose. Veillons pourtant de peur d'accident.
( Ils sortent. )
TRiBOULET , s'ossejrant sur le fauteuil du Roi et relevant sajille.
Allons , cau8t> Dis-moi tout. —
{Il se retourne , et apercevant M. de Cossé qiù est resté y il se lève à demi en lui montrant la, porte.) M'avez-vous entendu , monseigneur
M. DE COSSE, tout en se retirant comme subjugue par l'ascendant du bouffon.
Ces fous , cela se croit tout permis, en honneur !
( // sort. )