‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 118 sur 145 · ACTE m, 6CÈNB IV · texte numérisé non relu

ACTE m, 6CÈNB IV

Plus j'étais tombé bas, plus je la voulais haut.

Il faut bien un autel auprès d'un échafaud.

I/autel est renversé ! — Cache ton front, — oui, pleure,

Chère enfant ! je t'ai trop fait parler tout-à-l'heure ,

N'est-ce pas? pleure bien. — Une part des douleurs,

A ton âge, parfois, s'écoule avec les pleurs. —

Verse tout , si tu peux , dans le cœur de ton père !

{Rêvant.)

Blanche , quand j'aurai fait ce qui me reste à faire , Nous quitterons Paris. — Si j'échappe pourtant !

{Rêvant toujours.)

Quoi, suffît-il d'un jour pour que tout change tant !

( Se relevant avec fureur. )

0 malédiction ! qui donc m'aurait pu dire

jSJiette cour infâme, effrénée , en délire, ki va , qui court , broyant et la femme et l'enfant ,

îhappée à travers tout ce que Dieu défend , N'effaçant un forfait que par un plus étrange , Eparpillant au loin du sang et de la fange , Irait , jusque dans l'ombre où tu fuyais leurs yeux , Eclabousser ce front chaste et religieux !

{Se tournant vers la chambre du Roi.)

0 roi François premier! puisse Dieu qui m écoule Te faire trébucher bientôt dans cette route ! Puisse s'ouvrir demain le sépulcre où tu cours !

BLANCHE , levant les yeux au ciel.

r-v 0 Dieu ! n'écoutez pas , car je Taime toujours !

( Bruit de pas au fond du théâtre ; dans la galerie extérieure paraît un cortège de soldats et de gentilshommes. A leur tétCf M. de Pienne.

M. DE PIENNE, appelant.

Monsieur de Montchenu , faites ouvrir la grille Au sieur de Saint- Vallier qu'on mène à la Bastille.

( Le groupe de soldats défile deux à deux au fond. Au moment ou. M. de Saint- F allier, qu'ils entourent j passe devant la porte j il s'y arrête et se tourne vers la chambre du Roi.

M. DE sAiNT-v ALLIER , d'une voLx houtc.

Puisque par votre roi d'outrages abreuvé ,

Ma malédiction n'a pas encor trouvé

Ici-bas ni là-haut de voix qui me réponde ,

Pas une foudre au ciel , pas un bras d'homme au monde .

Je n'espère plus rien. Ce roi prospérera.

TRiBOULET , relevant la tête et le regardant en face.

Comte ! vous vous trompez. — Quelqu'un vous veiigeivi

Fl^ DU TROiSlEiVIi-: Al/r£. '

BLANCHE

PERSONNAGES

FRANÇOIS PREMIER

TRIBOULET

BLANCHE

SALTABADIL

MAGUELONNE

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