ACTE QUATRIÈME
La grève déserte voisine de la Toiirnelle (ancienne porte de Paris). — A droite , une ina^^e misérableraent meublée de grosses poteries ri d'escabeaux de chêne , avec un premier étage en grenier où l'on distingue un grabat par la fenêtre. La devanture de cette masure tournée vers le spectateur est tellement à jour qu'on en voit tout l'intérienr. Il y a une table, une cheminée, et au fond un roide escalier qui mène au grenier. Celle des faces de cette masure qui est à la gauche de l'acteur est percée d'une porte qui s'ouvre en dedans. Le mur est mal joint , troué de crevasses et de fentes, et il est facile de voir au travers ce qui se passe dans la maison. Il y a un judas grillé à la porte , qui est recouverte au dehors d'un auvent et surmontée d'une enseigne d'auberge. — Le reste du théâtre représente 1 grève. A gauche , il y a un vieux parapet en ruine au bas duquel nie la Seine, et dans lequel est scellé le support de la cloche du lac. — Au fond , au-delà de la rivière, le vieux Paris.
SCEIVE PREMIERE.
TRIBOULET, BLANCHE, en dehors y SALTABADIL dans la maison.
{Pendant toute cette scène, Triboulet doit avoir l'air inquiet et préoccupé d'un homme qui craint d'être dérangé , vu et surpris. Il doit regarder souvent autour de lui , et surtout du côté de la
masure. Saltabadil ^ assis dans V auberge , près d'une table f s'occupe à fourbir son ceinturon sans rien entendre de ce qui se passe à côté.)
TRIBOUIET.
Et tu l'aimes !
BLANCHE
Toujours !
TRIBOULET
Je t'ai pourtant laissé Tout le temps de guérir cet amour insensé.
BLANCHE
Je l'aime.
TRIBOULET
0 pauvre cœur de femme ! — Mai8^2^^[H^ Tes raisons de raimer.
BLANCHE
Je ne sais.
TRIBOULET
C'est unique!
C'est étrange !
BLANCHE
Oh ! non pas. C'est bien cela qui faii Justement que je l'aime. On rencontre en effet Des hommes quelquefois qui vous sauvent la Tie , Des maris qui vous font riche et digne d'envie. — Les aime-t-on toujours ? — Lu.i ne m'a fait , je croi , Que du Kual, et je l'aime^ et j'ignore pourquoi.