ACTE IV , SCÈNE I
Tenez , c'est à ce point qu'il n'est rien que j'oublie , Kt que s'il le fallait, — voyez quelle folie! — Lui qui ip'est si fatal , vous qui m'êtes si doux , Mon père , je mourrais pour lui.cQmme pour, vous !
TRIBOULET
Je te pardonne , enfant !
BLANCHE
Mais , écoutez , il m'aime.
TRIBOULET
Non ! — Folle !
BLANCHE
Il me l'a dit! il me l'a juré même ! Et puis il dit si bien , et d'un air si vainqueur, De ces choses d'amour qui vous prennent au cœur! Et puis il a des yeux si doux pour une femme ! ( . est un roi brave , illustre et beau !
TRIBOULET, éclatant.
C'est un infâme !
Il ne sera pas dit , le lâche suborneur , Qu'il m'ait impunément arraché mon bonheur !
BLANCHE
Vous aviez pardonné, mon père...
Au sacrilège !
Il me fallait le temps de connaître le piège.
^ oilà.
146 LB ROI S AMCSE.
«L ANCHE
Depuis un mois, — je vous parle en tremblant , — Vous ayez l'air d'aimer le Roi.
TRIBOULET
Je fais semblant.
— Je te vengerai , Blanche !
BLANCHE , joignant les nuùns.
^ ^ Epargnez-moi , mon père !
TRIBOULET
Te viendrait-il du moins au cœur quelque colère , S'il te trompait ?
BLANCHE
Lui, non. Je ne crois pas cela?
TRIBOULET
Et si tu le voyais de ces yeux que voilà ?
Dis, s'il ne t'aimait plus, tu l'aimerais encore !
BLANCHE
Je ne sais pas. — Il m'aime, il me dit qu'il m*adore. 11 me Ta dit hier !
TRIBOULET , amèt'cment.
A quelle heure ?
Hier soii- !