‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 123 sur 145 · ACTE IV, 8CÈ5E II · texte numérisé non relu

ACTE IV, 8CÈ5E II

une belle jeune fille , vêtue en bohémienne , leste et riante , descend l'escalier en sautant. Dès qu'elle entre j le Roi cherche à l'embrasser , mais elle lui échappe.)

LE ROI , à Saltabadil qui s'est remis gravement à frotter son baudrier.

L'ami , ton ceinturon deviendrait bien plus clair Si tu Tallais un peu nettoyer en plein air.

SALTABADIL

Je comprends.

{Il se lève , salue gauchement le Roi, ouvre la porte du dehors , et sort en la refermant après lui. Une fois hors de la maison , il aperçoit Triboulet , vers qui il se dirige d'un air de mystère. Pendant les quelques paroles qu'ils échangent, la jeune fille fait des agaceries au Roi , et Blanche observe avec terreur.

SALTABADIL , bas à Triboulet , désignant du doigt la maison.

Voulez-vous qu'il vive ou bien qu'il meure ? Votre homme est dans nos mains. — Là.

^^^Bifc

TRIBOULET

Reviens tout-à-l'heure.

ait signe de s'éloigner. Saltabadil disparaît à pas lents derrière le vieux parapet. Pendant ce temps-là , le Roi lutine la jeune bohémienne , qui le repousse en riant.)

150 LE ROI s'amuse.

MAGUELONNE , quc le RoL vcut cmbrosscr.

Nenni !

Bon. Dans Tinstant, pour te serrer de près . Tu m'as très-fort battu. Nenni, c'est un progrès. Nenni , c'est un grand pas ! — toujours elle recule î

— Causons. —

{La bohémienne se rapproche. )

Voilà huit jours. — C^est à Fhôtel d'Hercule.

— Qui m'avait mené là ? mons Triboulet , je crois , - Que j'ai vu tes beaux yeux pour la première fois. Or, depuis ces huit jours, belle enfant , je t'adore , Je n'aime que toi seule !

MAGUELONNE, riant.

Et vingt autres encore !

Monsieur , vous m'avez l'air d'un libertin parfait !

LE ROI, riant aussi.

Oui , j'ai fait le malheur de plus dune ou ofï'o\ C'est vrai , je suis un monstre !

MAGUELONNE

Oh! le fat!

LE ROI

Je t'assui' Çà, tu m'as ce matin mené dans ta masure. Méchante hôtellerie où l'on dhie fort mal Avec du vin que fait ton frère , un animal Fort laid . et «jui doit «^tre un dnMe bien farouche

D'oser montrer son muflle à côté de ta bouche. C'est égal, je prétends y passer cette nuit.

MAGUELONNE , à part.

Bon , cela va tout seul !

( Au Roij qui veut encore l'embrasser.) Laissez-raoi !

LE ROI

Que de bruit !

MAGUELOITNE.

Soyez sage !

Voici la sagesse , ma chère. ^^i:f

— Aimons , et jouissons , et faisons bonne chère* 3 Je pense là-dessus comme feu S alomon.

MAGUELONNE

Tu vas au cabaret plus souvent qu'au sermon !

LE ROI , lui tendant les bras.

Maguelonne !

MAGUELONNE, liU échappant.

Demain !

LE ROI

Je renverse la table Si tu redis ce mot sauvage et détestable. Jamais une beauté ne doit dire demain î

MAGUELONNE , s' apprivoisant tout d'un coup et venant s'asseoir gaîment sur la table à côté du Roi. Hé bien , faisons la paix.

LE ROI , lui prenant la main .

Mon Dieu, la Leile main!

Et qu'on recevrait mieux , sans être un bon apôtre , Soufflets de celle-là que caresses d'une auti :» •

MAGUELONNE, charméc.

Vous vous moquez !

LE ROI

Jamais !

MAGUELONNE

Je suis laide !

LE ROI

Oh! non pas.

Rends donc plus de justice à tes divins appas ! Je brûle ! ignores-tu , reine des inhumaines , Comme Famour nous tient , nous autres capitaines , Et que, quand la beauté nous accepte pour siens , Nous sonmies braise et feu jusque chez les russiens !

MAGUELONNE , éclatant de rire.

Vous avez lu cela quelque part dans un livre.

LE ROI , à part.

Cest possible.

{Haut.) Un baiser !

D'amour !

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