‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 124 sur 145 · ACTE IV, SCÈNE U · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE U

MAGDELONNE.

Allons! vous êtes ivre ?

LE ROI , souriant.

MAGUELONME.

Vous VOUS raillez , avec votre air mignon , Monsieur T insouciant de belle humeur !

Oh non !

{Le roi l'embrasse. )

MAGUELONNE

C'est assez !

LE ROI

Çà , je veux t' épouser.

MAGUELONNE, riant.

Ta parole ?

LE ROI

Quelle fille d'amour délicieuse et folle !

{Il la prend sur ses genoux et se niet à lui parler tout bas. Elle rit et minaude. Blancfie n'en peut supporter davantage. Elle se retourne , pale et tremblante , vers Triboulet. )

TRiBocLET, oprksVavoir regardée un instant en silence. Hé bien ! que penses-tu de la vengeance , enfant ?

154 LE ROI s'amuse.

BLANCHE , pouvant à peine parler.

0 trahison! — L'ingrat! — Grand Dieu! mon cœur se fend! Oh! comme il me trompait! — Mais c'estqii'il n'a point d'âme Mais c'est abominable , il dit à cette femme Des choses qu'il m'avait déjà dites à moi !

( Cachant sa tête dans la poitrine de son père. )

— Et cette femme , est-elle effrontée ! — oh ! . . .

TRiBOULET, à voix bassc.

Tais-toi.

Pas de pleurs. Laisse-moi le venger !

BLANCHE

Hélas ! — Faites Tout oej^ue jous Yondrez.

TRIBOULET

Merci !

BLANCHE

Grand Dieu ! vous êtes Effrayant. Quel dessein a vez-vous?

TRIBOULET

Tout est prêt.

Ne me le reprends pas , cela m'étoufferait ! Ecoute. Va chez moi , prends-y des habits d'homme . tJn cheval, de l'argent, n'importe cpielle somme, Et pars , sans t'arrêter un instant en chemin , Pour Evreux , où j'irai te joindre après demain. — Tu sais , ce coffre auprès du portrait de ta mère '^ L'habit est là. — Je l'ai d'avance exprès fait faire. —

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