ACTE IV, SCÈNB V
Donne-moi mon couteau que je l'aiguise un peu.
( Elle lui donne son couteau , qu'il aiguise au fer d'une faulx.)
BLANCHE
Ciel! j'entends le couteau qu'ils aiguisent ensemble !
MAGUELGNNE.
Pauvre jeune homme, il frappe à son tombeau.
BLANCHE
Je tremble !
Quoi, je vais donc mourir !
( Tombant à genoux. )
0 Dieu , vers qui je vais , Je pardonne k tous ceux qui m'ont été mauvais, V jlon père , et vous, moiiDifiu! pardonnez-leur de même, Au roi" François premier, que je plains et que j'aime , * A tous , même au démon , même à ce réprouvé Qui m'attend là , dans l'ombre , avec un fer levé ! J'offre pour un ingrat ma vie en sacrifice. S'il en est plus heureux , oh ! qu'il m'oublie ! — et puisse, Dans sa prospérité que rien ne doit tarir , ^'ivre long-temps celui poiu* qui je vais mourir !
( Se levant. )
— L'honmie doit être prêt !
( Elle va frapper de nouveau à la porte. )
MÂGUELONNE , à Saltobadil.
Hé ! dépêche , il se lasse.
SALTABÀDiL , essayant sa lame sur la table. Bon. — Derrière la porte attends que je me place.
BLANCHE
J'entends tout ce qu'il dit ! Oh !
( Saltabadil se place derrière la porte , de manière qu'en s'ouvrant en dedans elle le cache à la personne qui entre sans le cacher au spectateur. )
MAGUELONNE , à Saltabadil.
J'attends le signal.
SALTABADIL, derrière la porte , le couteau à la main. Ouvre.
MAGUELONNE , ouvrant à Blanche.
Entrez.
BLANCHE, à part.
Ciel ! il va me faire bien du mal !
( Elle recule. )
MAGUELONNE
Eh bien ! qu'attendez-vous ?
BLANCHE , à part.
La sœur aide le frère.
— 0 Dieu ! pardonnez-leur! — Pardonnez-moi, mon pèrs! {Elle entre. Au moment ou elle parait sur le seuil de la cabane y on voit Saltabadil lever son poignard. La toile tondre. )