ACTE y, SCÈNE II. 1S
Il est donc des bonheurs dans la haine?'
SALTABADIL
Vous aiderai-je un peu pour le jeter en Seine?
TRIBOULST.
J'y suiEiai tout seul.
SALTABADiL, insislant.
A nous deux , c'est plus court.
TRIBOULET
Un ennemi qu'on porte en terre n'est pas lourd .
SALTABADIL
Vous voulez dire en Seine ? Hé bien, maître, à votre aise!
( Allant à un point du parapet. ) Ne le jetez pas là. Cette place est mauvaise.
( Lui montrant une brèche dans le parapet. ) Ici, c'est très-profond. — Faites vite. — Bonsoir. ( // rentre et ferme la maison sur lui. )
84 LE ROI s'amuse.
SCÈIVE TROISIÈME.
TRIBOULET
TjRiBouLET, scul j Vœilfixésur le sac.
Il est là ! — Mort! — Pourtant je voudrais bien le voir.
{Tdtant le sac. )
cl'est égal, c'est bien lui. — Je le sens sous ce voile. — Voici ses éperons qui traversent la toile. — C'est bien lui ! —
( Se redressant et mettant le pied sur le sac. )
Maintenant, monde, regarde-moi.
Ceci c'est un bouffon , et ceci c'est un roi ! — Et quel roi ! le premier de tous ! le roi suprême ! Le voilà sous mes pieds, je le tiens , c'est lui-même. La Seine pour sépulcre , et ce sac pour linceul. Qui donc a fait cela ?
( Croisant les bras. )
Hé bien oui , c'est moi seul. — Non , je ne reviens pas d'avoir eu la victoire , Et les peuples demain refuseront d'y croire. Que dira Tavenir ? quel long étonnement. Parmi les nations d'un tel événement !
Sort , qui nous mets ici , comme tu nous en ôles ! Une des majestés humaines les plus hautes , Quoi , François de Valois , ce prince au cœur de feu , Rival de Charles-Quint , un roi de France . un Dieu ,