ACTE I, PARTIE I
pas que vous lisez, mais que vous parlez. — Ah ! vous pleurez ! — Vous êtes bonne , madame , et je vous aime de pleurer de ce qu écrit ma mère.
{// reprend la lettre , la baise de nouveau, et la remet dans sa poitrine. )
— Oui , vous voyez, il y a eu bien des crimes autour de mon berceau. — Ma pauvre mère ! — n'est-ce pas que vous comprenez maintenant que jq m'arrête peu aux galanteries et aux amourettes , parce que je n ai qu'une pensée au cœur , ma taère ! Oh ! délivrer ma mère ! la servir , la venger , la consoler î quel bonheur ! Je penserai à Famour après ! Tout ce que je fais , je le fais pour être digne de ma mère. Il y a bien des aventuriers qui ne sont pas scrupuleux, et qui se battraient pour Satan après s'être battus pour saint Michel j moi , je ne sers que des causes justes j je veux pouvoir déposer un jour aux pieds de ma mère une épée nette et loyale comme celle d'un empereur. — Tenez , madame , on m'a offert un gros enrôlement au service de cette infâme madame Lucrèce Borgia. J'ai refusé.
DON\ LUCREZIA
Gennarol — Gennard ! ayez pitié des méchans ! Vous ne savez pas ce qui se passe dans leur cœur.
Je n'ai pas pitié de qui est sans pitié. — Mais laissons cela, madame ; et maintenant que je vous ai dit
qui je suis , faites de même , et dites-moi à votre tour qui vous êtes.
DONA LUCREZIA
Une femme qui vous aime , Gennaro.
GENNARO
Mais votre nom?...
DONA LUCREZIA
Ne m'en demandez pas plus.
{Desjlamheaux . Entrent avec himit Jeppo et Maffia. Dona Lucrezia remet son masque précipitamment.)