‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 43 sur 145 · ACTE 11, PARTIE I · texte numérisé non relu

ACTE 11, PARTIE I

GENNARO

J'ai une compa^rnie de cinquante lances , monseigneur, que je défraie et que j'habille. La sérénissime république , sans compter les aubaines et les épaves, me domie deux mille sequins d'or par an.

DON ALPHONSE

Et si je VOUS en offrais quatre mille , prendriezvou« service chez moi ?

GENNARO

Je ne pourrais. Je suis encore pour cinq ans au service de la république. Je suis lié.

DON ALPHONSE

G>mment? lié!

GENNARO

Par serment.

DON ALPHONSE , bas à doTia Lucrezia.

Il parait que ces gens-là tiennent les leurs , madame.

{Haut.) — N'en parlons plus, seigneur Gennaro.

GENNARO

Je n ai fait aucune lâcheté pour obtenir la vie sauve ; mais, puisque votre altesse me la laisse , voici ce que je puis lui dire maintenant. Votre altesse se souvient de l'assaut de Faenza , il y a deux ans. Monseigneur le duc Hercule d'Esté, votre père, y courut

9ft mCRÈCE BORGIA.

grand péril de la part de deux cranequiniers du Valentinois qui rallaient tuer. Un soldat aventurier lui sauva la vie.

DON ALPHONSE

Oui , et l'on n'a jamais pu retrouver ce soldat.

GENNARO

C'était moi.

DON ALPHONSE

Pardieu, mon capitaine, ceci mérite récompense.

— Est-ce que vous n'accepteriez pas cette bourse de sequins d'or !

GENNARO

Nous faisons serment , en prenant le service de la république , de ne recevoir aucun argent des souverains étrangers. Cependant , si votre altesse le permet, je prendrai cette bourse , et je la distribuerai en mon nom aux braves soldats que voici.

{Il montre les gardes.)

DON ALPHONSE

Faites.

{Gennaro prend la bourse.)

— Mais alors vous boirez avec moi, suivant le vieil usage de nos ancêtres, comme bons amis que nous sommes , un verre de mon vin de Syracup-.

GENNARO

Volontiers , monseigneur.

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