ACTE TIf
mains. Ces dignes pères sont des moines réguliers de Saint-Sixte , auxquels notre Saint-Père le pape a permis de m'assister dans des occasions comme celle-ci.
— Et si j'ai eu soin de vos âmes , j ai eu soin aussi de Tos corps. Tenez !
Aux moines qui sont devant la porte du fond, )
— Rangez-Tous un peu, mes pères, que ces messieurs voient .
( Les moines s'écartent et laissent voir cinq cercueils couverts chacun d'un drap noir rangés devant la porte. )
— Le nombre y est. Il y en a bien cinq. — Ah ! jeunes gens ! vous arrachez les entrailles à une malheureuse femme , et vous croyez qu'elle ne se vengera pas! Voici le tien, Jeppo. Maffio, voici le tien. Olofemo , Apostolo, Ascanio , voici les vôtres !
GENNARO, qu'elle n'a pas vu jusqu'alors j faisant un pas.
Il en faut un sixième , madame !
DON A LUCREZIA
Ciel ! Gennaro !
GENNABO.
Lui-même.
DONA LUCREZIA
Que tout le monde sorte d'ici. — Qu'on nous laisse seuls. — Gubetta, quoi qu'il arrive, quoi qu'on puisse
entendre du dehors de ce qui va se passer ici , que personne n'y entre !
GUBETTA
Il suffit.
{Les moines ressortent processionnellement , emmenant avec eux dans leur^s files les cinq seigneurs chancelans et éperdus)