ACTE II , SCÈ5E III
BLANCHE
J'ignore votre nom.
TRIBOULET
^ue t'importe mon nom ! 9
BLANCHE
Nos voisina de Chiuon , De la petite ville où je fus élevée , Me croyaient orpheline, avant votre arrivée.
TRIBOULET
J'aurais dû t'y laisser. C'eût été plus prudent. Mais je ne pouvais plus vivre ainsi cependant. J'avais besoin de toi , besoin d'un cœur qui m'aime. ^
{Il la serre de nouveau dans ses bras.)
BLANCHE
vous ne voulez pas me parler de vous-même...
TRIBOULET
Ne sors jamais ! f ■
BLÂNCHS.
Je suis ici depuis deux mois , Je suis allée en tout à l'église huit fois.
TRIBOULET
BLANCHE
Mon Ijflp père, au moins, parlez-moi de ma mère !
TRIBOULET
Oh ! ne réveille pas une pensée amèi e , Ne me rappelle pas qu'autrefois j'ai trouvé,
— Et , si tu n'étais là , je dirais : j'ai rêvé , — Une femme , contraire à la plupart des femmes ,
>/ Qui , dans ce monde , où rien n'appareille les âiftCN . Me voyant seul , infirme , et pauvre , et détesté , M aima pour ma misère et ma difformité ! ^ vElle est morte , emportant dans la tombe avec elle ?"* ,^ X'angélique secret de son amour fidèle,
De son amour, passé sur moi comme un éclair. Rayon du parad[s tombé dans mon enfer ! Que la terre , toujours à nous recevoir prête , Soit légère à ce sein qui reposa ma tête î
— Toi , seule , m'est restée ! —
{Levant les yeux au ciel.) Eh bien , mon Dieu , merci î {Il pleure et cache son front dans ses mains.)
BLANCHE
Que vous devez souffrir ! voii« voir pleurer ainsi . Non, je ne le veux pas, non , cela me déchire !
TRIBOULET
Et que dirais-tu donc si tu me voyais rire !
BLANCHE
Mon père, quavez-vous ? dites-moi votre nom. Oli ! versez dans mou sein toutes vos peines ? | ^