‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 96 sur 145 · ACTE II , SCÈriE III · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈriE III

TRI BOULET

Non.

A quoi bon me nommer ? Je suis ton père. — Ecoute,, Hors d'ici , vois-tu bien , peut-être on me redoute , Qui sait ? Tun me méprise et l'autre me maudit. Mon nom, qu'en ferais-tu quand je te l'aurais dit? Je veux jci , du moins, je veux, en ta présence, «l

Dans ce seul coin du monde où tout soit innocence, N'être pour toi qu'un père, un père vénéré , Quelque chose de saint , d'auguste et de sacré ! —f^^'o >*

BLANCHE. ^b^

Mon père ! / /«, , r , ^ , ^<jfà-.< ^

TRiBocLET , la sctTant avec emportement dans ses bras.

Est-il ailleurs un cœur qui me réponde? Oh ! je t'aime pour tout ce que je hais au monde ! — Assieds-toi près de moi. Viens , parlons de cela. Dis, aimes^u ton pèrft? et puisque nous voilà Ensemble , et que ta main entre mes mains repose , Qu'est-ce donc qui nous force à parler d'autre chose ? ' *^"' ÛUe , ô seul bonheur que le ciel m'ait permis, - I'

litres ont des parens , des frères , des amis , femme , un mari , des vassaux , un cortège

leux et d'alliés , plusieurs enfans , que sais-je? Mwi. je n'ai que toi seule ! Un autre est riche, — eh bien, 1 ui seule es mon trésor, et toi seule es mon bien ! l n autre croit en Dieu. Je ne crois qu'en ton âme ! 1 Vautres ont la jeunesse et l'amour d'une femme , ils ont l'orgueil , l'éclat, la grâce et la santé,

sont beaux j moi , vois-tu , je n'ai que ta beauté !

82 f ,tV LE ROI s AMGSE.

Chèrejîjuâat' — Ma cité , mon pays , ma famille . Mon épouse, ma mère , et ma sœur , et ma fille, Monjbonheiu' , majichesse , et mon cujte , et ma loi , Mon univers , c est toi , toujours toi , rien que 'ïôiV De tout autre côté , ma pauvre âme est froissée. — Oh! si je te perdais !... — Non , c'est une pensée Que je. ne pourrais pas supporter un moment ! — Souris-moi donc un peu. — Ton sourire est charmant. Oui, c'est toute ta mère! — Elle était aussi belle. Tu te passes souvent la main au front comme elle , Comme pour l'essuyer, car il faut au cœur pur Un front tout innocence et des cieux tout azur. Tu rayonnes pour moi d'une angélique flamme , A trayec§ toji Jbeaujçorps mon ân^e voit ton âme , Même les yeux fermés , c'est égal, je te vois. . Le jour me vient de toi. Je me voudrais pai i: i^ Aveugle, et l'œil voilé d'obscurité profonde Afin de n'avoir pas d'autre soleil au monde !

Oh! que je voudrais bien vous rendre heureux !

TRIBOULET

Oui.* 11.- Je suis heureux ici! quand je vous aperçoi Ma fille, c'est assez pour que mon cœur se i».wu. .

( // lui passe la main dans les clieveux en souriant.

Oh ! les beaux cheveux noirs ! enfant, vous étiez blon< I Qui le croirait ?

BLANCHE , pretmnt un air caressant.

Vn jour , avant le couvre-feu,

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