SCENE II
Et vous avez le ciel immense et tout l'espace;
Vous avez les grands bois pleins d'ombre ; vous avez
Les gazons et les fleurs par le matin lavés
Où neige l'essaim d'or des papillons de soufre,
La nuit hospitalière et bonne pour qui souffre,
Le nuage avec qui l'on s'en va tout là-bas,
La nature.,.
LA COMTESSE
C'est vrai, je ne la connais pas.
— Car le château d'automne avec la galopade Dans le vieux parc, ou bien une quinzaine à Bade, Ou le voyage fait dans la lune de miel, Voilà mes souvenirs d'air pur et de plein ciel, C'est triste. On n'aime pas les choses qu'on ignore. Par exemple, je hais cette maussade aurore Qu'on voit, dans un état de malaise bougon, Après la nuit de bal ou la nuit de wagon. Et pourtant ce doit être exquis !
RAYMOND
C'est adorable!
LA COMTESSE
Vraiment? — Et croyez-vous le mal irréparable? Cet esprit qu'ont faussé le monde et le couvent.
22 LE REKDEZ-VOUS.
Ce tout petit cerveau, cette tête à l'évent.
Qui rêve tout au plus de valse et de dentelle,
Cette âme si frivole enfin vous semble-t-elle
Capable de s'enfuir de sa chaude prison
Et, libre, de voler vers le vaste horizon.
Vers le soleil, vers les coteaux, vers le feuillage?
RAYMOND
Le bruit de l'Océan tient dans un coquillage.
— Ah ! si vous étiez libre, et si nous le pouvions ! . ..
la c o m t :
Oh! dites!
Voici mars et ses premiers rayons.
la c o M 1 !
Eh bien?
RATMOM D.
Au diable soit le monde et ses usages.' Je sais, près de Paris, de frêles paysages, Frileuse et maladive enfance du printemps. Comme font les heureux étourdis de vingt ans, Nous partirions, un jour, par les routes discrètes,