SCENE IV
LE ROI, RICQUET.
R I C c>,u E t, au Roi qui s'est assis de nouveau.
Bons seigneurs ! . . . Des héros ! n'est-ce pas, mon cousin ?
Si nous étions encor au temps du Sarrasin,
Ils iraient conquérir Rhodes ou Saint-Jean-d'Acre;
Ils ne rêvent que plaie et bosse et que massacre î Mon oncle, le feu roi. — que Dieu l'ait en son sein ! De son vivant, était comme eux grand assassin : Il frappait comme un sourd, et d'estoc et de taille Navrait cent ennemis,... et perdait la bataille!
Ah! ne plaisante pas sur mon père, bouffon.
R I C Q U E T. exécutant un salut hurle:
Moi, j'ai pour sa mémoire un respect très profond. Il dort à Saint-Denis, la grande basilique, Ayant sur son tombeau le lion symbolique; C'est bien. Mais, comme lui, si tu veux guerroyer, Ce n*est pas sur ceux-là qu*il faudra t'appuyer : Braves soldats, d'accord, mais tristes capitaines !
LE ROI, pensif.
Ce Ricquet a raison.
RlCniET.
Par les fièvres quartaines !
Mon cousin, tu m'as l'air lugubre et marmiteux. Serais-tu par hasard phlegmatique ou goutteux,
Que ce soir ton esprit à la gaîté rechigne? Bois donc cet hydromel d'influence bénigne. Il tend le hanap au Ro':.
LE ROI, après avoir pris le gobelet, le repose sur le plateau.
Non ! je boirai plus tard; ce soir, je dois veiller.
A part.
Du Guesclin viendra-t-il?
RICQ UET.
Je veux, pour l'égayer, Cousin, et pour chasser ton humeur taciturne. Te dire mon nouveau lai du Paris nocturne.
Sur un geste affirmatif du Roi, Ricquet chante, en s' accompagnant d'une vielle.