ACTE III, SCÈNE II
Messire de Maieuil, que ce siège damné,
Si dur pour mes Anglais, soit bientôt terminé.
J'ai déjà fait beaucoup. Si le Prince de Galles,
Qui s'intéresse à vos querelles conjugales,
Voulut, récompensant vos serv/ces anciens,
A vos quelques soldats joindre nombre des siens,
Je ne dois pas pourrir, moi, devant Hartecelle.
LE BATARD
Pourtant, mylord,...
LORD JOHN CHANDCS.
Demain, à cette citadelle Je donnerai l'assaut, dès l'aube.
Cependant Un assaut est coûteux, et peut-être imprudent. Encor deux ou trois jours d'attente, et la famine.. .
LORD JOHN CHANDOS
Non! J'ai fait préparer tous les travaux de mine; Demain, on roulera ces tours auprès des murs... L'une renfermera nos hommes les plus sûrs,
2jO LA GUERRE DE CENT ANS.
Qui pourront, sans échelle et de sa plate-forme, Atteindre les créneaux; l'autre; un amas énorme De fagots imprégnés de résine et de poix. Afin d'incendier la porte ; et cette fois, A moins que de là-haut un secours ne lui vienne, Avant la fin du jour la place sera mienne.
LE BATARD
Vous êtes un très grand capitaine, mylord. Et vous fûtes toujours heureux; mais si le sort Faisait (à Dieu ne plaise!) échouer l'escalade ? Permettez que j'insiste et vous en dissuade, Car, enfin, ils n'ont plus de vivres, je le sais. Attendons ! et trois jours ne seront point passés, Qu'Olnier de Mauny, mettant bas son audace. Vous rendra son épée et les clefs de la place.
LORD JOHN CHANDOS
Si l'assaut manque, soit! nous emploirons la faim Mais c'est à contre-cœur, vous dis-je, car enfin — Je ne prends pas souci de votre affaire intime — Cet Olivier a su mériter mon estime ; Et contre un tel vaillant, je ne puis l'oublier, La famine n'est pas l'arme d'un chevalier.