‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 145 sur 191 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

D'abord jusqu'au foyer, puis jusqu'à ces barils, Enfin jusqu'à ces tours.

ALAIN

C'est bien.

DU CUESC1IS.

Que de périls, Enfant '.

Qu'importe ? Allons

DU GUE S CL IN

Ah ! l'heure est solennelle !

S'il fallait seulement tuer la sentinelle, J'ai ma dague. En un tour de main ce serait fait. Mais ce soldat pourrait appeler.

ALAIN

En effet.

Alors?...

DU CUESCL1N.

Il va falloir le tuer sans qu'il crie Voilà tout

2 5 - IA ClTRRr. BE CEXI ANi,

ALAIN

Je suis prêt !

DU CCESCLIR.

Oh! pas d'étourderie!

Rampons vers lui comme un renard dans un sillon; Un seul coup de poignard, et ma main pour bâillon ! Ce repli de terrain nous sert; la nuit est brune. Il ne nous verra point. Au soldat!

La lune parait.

Ah! la lune!

Silence. — La lune disparait derrière un nuage. Bon voyage, madame! et ne revenez pas... Devant les tours, tu vois bien ce tertre là-bas? Il y faut arriver sans bruit, à quatre pattes.

ALAIN

C'est bien !

A part.

Je ne veux plus, ô mon coeur, que tu battes !

DU CDESCLIX.

Allons!

Ils traversent la scène en rampant et la remontent, chacun d'un cote diffèrent, se dirigeant vers la sentinelle, qui se met à chanter.

s ci; ne v. 251

l'archer, chantant.

Au pays, chez nous, Dans les hautes terres, C'est l'heure des doux Mystères.

Des grands lacs d'azur Arpentant la grève, La lune au ciel pur Se lève.

Les daims en repos, Vers la source noire, Viennent par troupeaux Pour boire.

DU guescliî:, derrière la terre, cache, aux pieds de la sentinelle.

Nous y voilà.

A Alain, qui l'a rejoint.

Ta main! Prends ce poignard...

Tu trembles?

Non de peur, mais c'est ce montagnard, Qui chante son pays natal quitté naguère Et qu'il faut égorger!

DU CUE5CLIX , d'une voix grave.

Mon enfant, c'est la guerre !

LARCIIER, reprenant sa chanson.

Ltttmt et démons Et sorcières blondes Miment, sur les monts, Leurs ronde*.

Et, dans l'air, le son D'une cornemuse Passe et meurt, chanson Cenfuse.

Un ce moment, Du Gueschn, qui est sorti de sa cachette et a rampé jusqu'au soldat, l'assaille par derrière, lu met une main sur la bouche et le poignarde. L'archer tombe avec un râle étouffé.

ALAIN, se voilant les yeux.

DU CUESCLIN, montrant le mort.

C'est fait, sans un cri.

ALAIN, i part.

Moi, j'ai bien entendu.

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