‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 146 sur 191 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

du guescliXj fiévreusement.

A ta besogne, et pas un instant de perdu!

Je roule ces barils près des tours. Toi, dépêche.

Tortille cette paille et fais-en une mèche;

La flamme mettra bien quelque temps à ramper

Jusqu'à la poudre, et nous, nous pourrons décamper.

Ils commencent à agir. — Soudain ils s'arrêtent et prêtent l'oreille.

Des pas! on vient!

ALAIN, écoutant à droite.

Parla!

DU GUESCLIN, avec anxiété.

Qu'est-ce encore?

ALAIN, épouvanté.

Une ronde!

DU GUESCLIN, terrible.

Ah ! que l'enfer me prenne et que croule le monde! Et plus de sentinelle!

ALAIN, vivement.

Eli bien ! ils me verront

Son arbalète en main et son casque à mon front.

Il prend les armes du mort et va se placer près des machines.

N'est-ce pas que de loin on me prendrait pour elle?

DU GUESCLIN

C'est vrai ; mais si l'on vient changer la sentinelle?

ALAIN, résolu tient.

N'avons-nous pas une arme?... A la grâce de Dieu!

du cur.se LIN.

Brave enfant !

A droite, au fond, sur le chemin qui descend, paraissent le Bâtard de Mareuil et le capitaine, qui porte une torche. — Ils sont suivis de quelques archers. — Du Guesclin, avec ferveur.

Ah î monsieur saint Kado, je fais vœu De t'offrir, si d'un tel danger tu nous délivres. Une chape d'argent du poids de trente livres, Et d'aller de Morlaix iusques à Plougastel, Pieds nus, afin d*ouïr la messe à ton autel!

Du Guesclin rcs'e immobile, cache derrière le Ml1**} ta ronde vient en scène. — Alain se promène sur l'élévation à gauche, comme montant la garde.

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