‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 17 sur 191 · LE RENDEZ- VOUS · texte numérisé non relu

LE RENDEZ- VOUS

R A Y M OND

Eh bien! cette personne.

Qui demeure à Montmartre... Oui, cette Adèle.

la c o M t e - - F .

R A Y M OND

Encor!

Madame, yous prenez demain deux lonis d'or. Vous vous faites mener, toute en noir et voilée, A cette adresse. Au bout d'une très sombre allée, Vous trouvez l'escalier. Suivez la corde à puits. Montez, montez toujours, jusqu'au cinquième...

LA COMTESSE

Et puis?

R A Y M ON D

Attendez !... Ce n'est pas bien gai, je dois vous dire.

Vos beaux yeux -ont un peu pleurer, un peu sourire.

Celle qui m'a valu vos propos médisants,

C'est là qu'elle demeure. Elle n'a pas seize ans.

Et c'est une orpheline, avec son petit frère.

Us sont dans ce grenier, et dans cette mi-.

Elie pose pour vivre, et vit mal : le rapin

Es,t pauvre. Ces enfants souvent manquent de pain.

L'autre soir, quand je fus chez eux, il gelait ferme. Allez les voir, car c'est bientôt le jour du terme. Visitez le taudis, embrassez le gamin, Consolez la petite en lui prenant la main, Et laissez, au départ, l'or sur la cheminée. Faites ! Vous n'aurez pas perdu votre journée.

LA COMTESSE, émue.

Vous êtes le plus noble et le meilleur garçon... Car je vous ai compris, et c'est une leçon Que vous m'avez donnée avec tant d'indulgence. Et moi qui vous raillais !

C'est toute ma vengeance.

Ainsi, vous irez voir ces malheureux?

LA COMTESSE

Bien sûr, Et — regardez — je prends l'adresse sur le mur.

RAY MON D, à part.

Ah, çà! quel dénoûrnent est-ce que je m'apprête? Il est terriblement moral, le tête-à-tête! Je me lance, je vais, et tout naïvement...

jO t E RBWDEZ-VOUS.

LA COMTESSE, qui a copié l'adresse sur son calepin. Mon ami, serrons-nous la main loyalement.

R A Y M O N D, voulant lui baiser la main. Tant pis ! je romps le pacte, et mes lèvres...

LA COMTESSE

De grâce, Ne me faites pas peur, reprenez votre place A votre chevalet.

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