RA V M Ù N D
Elle est à vos genoux.
LA COMTESSE, l'arrêtant d'un geste.
Non.
Elle prend un album sur un guéridon.
Je vais feuilleter cet album... Voulez-vous r
R A V M O N D, avec dépit.
Oh ! timide!...
LA COMTESSE, à part, feuilletant l'album.
Voyons! Ce que je fais se nomme Une faute. Le comte est un. vrai gentilhomme.
Il m'a donné son nom, il est parfait pour moi. Puis voici que j'éprouve un tout nouvel émoi. Cela trouble, d'entendre, en pareille aventure, Ces mots : la charité, le travail, la nature. — Ce que je fais est mal. Mon caprice léger Pour ce loyal jeune homme est encore un danger Qui sait s'il n'est pas pris par mes coquetteries?
RAYMOND
Vous rêvez?
LA COMTESSE
Non ! Je vois vos paysanneries.
C'est plein d'esprit. Voilà le charme campagnard, Cette vieille en sabots qui plume son canard... Quel naturel ! Elle est superbe, la commère !
R A V M O N D , s'approchaut.
Laquelle donc? Ah! oui, celle-là..., c'est ma mère
LA COMTESSE
Maudite soit ma langue, et mon esprit moqueur! Je ne puis dire un mot sans vous blesser au cœur,
RAVM O ND.
Pourquoi? La bonne vieille en eût ri la première.